Accusé de viol, le rappeur Naps nie les faits et l’intention.
Un homme décrit par ses ex-compagnes, amis et épouse actuelle comme un père attentionné, est le rappeur Naps, qui comparaît devant la cour criminelle de Paris pour des faits de viol. Lors d’une soirée dans une chambre d’hôtel à Paris dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2021, Emma a rapporté avoir été réveillée par une douleur vaginale alors qu’elle tentait de repousser l’homme qui la pénétrait.

Au palais de justice de Paris,
Le rappeur Naps est décrit par ses anciennes compagnes, ses amis et sa femme actuelle comme un homme calme, casanier, attentif et un bon père « gaga » de son fils d’environ dix ans. Myriam A., médecin généraliste de 29 ans, qui projette de fonder une famille avec lui, a pris la parole pour témoigner en sa faveur, affirmant qu’il « n’est pas centré sur lui ». Elle l’a rencontré après les faits et a choisi de l’épouser après son renvoi devant la cour criminelle, malgré le risque encouru, en déclarant : « j’ai une conviction, j’ai confiance en la justice ». Une experte en psychologie, interrogée par la cour, décrit cependant leur relation comme « compliquée », suggérant qu’elle ne semblait pas stable ni officielle.
Selon des proches, Nabil Boukhobza, surnommé « chouchou de la famille » et élevé par ses grands-parents, n’a rien à faire sur le banc des accusés au palais de justice historique de l’île de la Cité. Bien qu’il apparaisse en jogging Lacoste, il doit faire face à des accusations de viol à l’encontre d’Emma* (prénom modifié) et comparaît depuis ce lundi, risquant jusqu’à quinze ans de prison.
Un rappeur « calme » ne se concentrant pas sur le sexe
Lors d’une soirée prolongée dans une chambre d’hôtel du 12e arrondissement de Paris, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2021, Naps, connu pour sa chanson La Kiffance, s’est endormi à côté de trois amies rencontrées quelques heures auparavant en boîte de nuit. Tous étaient habillés, alcoolisés et sous l’influence du cannabis et du gaz hilarant. Emma affirme avoir été réveillée par une douleur vaginale alors qu’elle tentait de repousser l’homme qui la pénétrait, sa culotte baissée et sa jupe remontée. Cette version est corroborée par l’une de ses amies. Naps reconnaît avoir eu des relations sexuelles, mais conteste les accusations de viol, affirmant que la victime était consentante et poussait des « gémissements de plaisir ».
Décrit comme « lissé », « posé » et « calme » par un expert psychiatre lors de la lecture du dossier par la présidente de la cour, Naps est également décrit comme quelqu’un de « pudique », ayant une « sexualité peu investie », surinvestissant d’autres domaines comme sa carrière professionnelle, selon l’experte en psychologie.
Face aux accusations, Nabil Boukhobza reste impassible, sans montrer de stress ni de colère, même lorsque des commentaires sur la taille de son sexe sont mentionnés dans la salle d’audience. Une des amies d’Emma aurait tenté de la rassurer en disant : « T’inquiète, il a une petite bite ça ne va pas rentrer », alors qu’Emma, assise à côté d’un membre de l’association Paris aide aux victimes, garde les yeux fixés devant elle, sans se tourner vers l’accusé, et ne baisse pas les yeux. Son avocat, Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, a indiqué qu’elle ne s’approchera pas du pupitre et restera à sa place tout au long de l’audience, consacrée à la personnalité de l’accusé ainsi qu’à ses nombreuses relations amoureuses, dont une qui lui a donné un fils.
Pour sa carrière, plus de peur que de mal
Ses dépendances, notamment au cannabis et à l’alcool, sont évoquées. Concernant le protoxyde d’azote, il admet en avoir consommé occasionnellement, « peut-être une seule fois depuis l’époque des faits », précise-t-il en se tripotant les doigts de manière nerveuse. Malgré ses affirmations de rester « toujours artiste, producteur », il admet que son parcours est désormais « compliqué, ce n’est pas évident ».
La psychologue rapporte qu’il a exprimé un « traumatisme » verbalement, sans pouvoir établir de « caractéristiques témoignant d’un quelconque stress post-traumatique », mais plutôt d’un « gros choc » lié à la plainte. Naps craint également pour sa carrière musicale en raison de la médiatisation de l’affaire, estimant qu’elle pourrait être utilisée pour nuire à sa réputation. En même temps, il nie toute intention malhonnête ou calculée de la part de la plaignante.
Malgré le bruit autour de cette affaire et sa mise en examen en juillet 2024 dans le Var pour viols et agressions sexuelles suite aux plaintes de trois jeunes femmes, Naps n’est pas considéré comme un « persona non grata » de la scène musicale. En mi-décembre dernier, il a été invité à chanter aux côtés de Gims devant 40 000 spectateurs à la Paris La Défense Arena. Depuis les faits, il a également sorti quatre albums, dont son onzième en juillet 2025.

