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Accusations et garde à vue : arrestation d’Andrew dans l’affaire Epstein

L’ex-prince Andrew a été arrêté jeudi, le jour de son 66e anniversaire, dans le cadre de l’affaire Epstein, et a quitté le commissariat autour de 20h30. La police britannique a indiqué qu’il était soupçonné de manquement à ses obligations dans l’exercice d’une fonction officielle, sans mentionner son nom.


Un nouveau bouleversement judiciaire touche la monarchie britannique. Jeudi, l’ancien prince Andrew a été arrêté et placé en garde à vue dans le cadre de l’affaire Epstein, une procédure sans précédent visant un membre aussi proche de la famille royale, alors que de nouvelles accusations sont à l’étude par la police. D’après la BBC, il aurait quitté le commissariat aux alentours de 20h30, tandis que les autorités britanniques ont précisé qu’il avait été relâché en attendant les suites de l’enquête. Voici un point sur la situation.

**Que s’est-il exactement passé ?**

L’interpellation a eu lieu le jour de son 66e anniversaire, d’après la police britannique qui enquête sur des soupçons de « faute dans l’exercice de fonctions officielles ». Les faits remontent à la période où l’ancien prince Andrew était l’envoyé spécial du Royaume-Uni pour le commerce entre 2001 et 2011 et portent sur ses relations avec le financier américain Jeffrey Epstein. La police de Windsor a confirmé l’arrestation d’un homme sexagénaire, résident du Norfolk, soupçonné de manquement à ses obligations dans l’exercice d’une fonction officielle, sans l’identifier, conformément à la réglementation en vigueur.

D’après les médias britanniques, Andrew a été appréhendé vers 8 heures dans sa résidence de Sandringham. Il a quitté le commissariat aux alentours de 20h30 (19h30 heure locale) et a été libéré en attendant l’évolution de l’enquête, ont rapporté les enquêteurs. Ceux-ci ont également effectué des perquisitions dans deux propriétés liées à l’ancien prince : Royal Lodge dans le Berkshire et Sandringham dans le Norfolk. Dans la soirée, la police a précisé que les perquisitions étaient achevées pour l’une tout en étant toujours en cours pour l’autre.

**Que lui reproche la police britannique ?**

Début février, la police de Thames Valley avait déclaré « évaluer » des accusations selon lesquelles Andrew aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations potentiellement confidentielles, y compris des rapports relatifs à ses voyages officiels en Asie. Les enquêteurs examinent également des documents issus des dossiers Epstein publiés le 30 janvier par le ministère américain de la Justice, qui contiennent de nouvelles accusations.

Parmi ces allégations se trouve celle selon laquelle une femme aurait été envoyée au Royaume-Uni par Jeffrey Epstein en 2010 pour avoir des relations sexuelles avec Andrew dans sa résidence de Windsor. L’ancien membre de la famille royale n’a jamais commenté ces accusations et a toujours nié celles formulées par Virginia Giuffre, qui avait engagé une action en justice conclue en 2022 par un accord amiable de plusieurs millions de livres.

**Quelles sont les réactions au Royaume-Uni ?**

Le roi Charles III a réagi dans un communiqué, déclarant que « la justice doit suivre son cours ». Il a indiqué accueillir cette arrestation « avec la plus profonde inquiétude », tout en promettant « soutien et coopération » aux autorités et en précisant qu’il ne ferait pas d’autres commentaires tant que la procédure serait en cours. Le prince William et son épouse Kate ont simplement affirmé soutenir la position du souverain.

Donald Trump a qualifié jeudi de « très triste » l’arrestation de l’ex-prince Andrew. « Je pense que c’est une honte. Je pense que c’est très triste. Je pense que c’est tellement mauvais pour la famille royale. C’est très, très triste », a déclaré le président américain à bord d’Air Force One, tout en affirmant avoir été « totalement » blanchi.

Les proches de Virginia Giuffre ont exprimé leur « réconfort de savoir que personne n’est au-dessus des lois, pas même la royauté ». Déchu de ses titres royaux par Charles III en octobre, Andrew demeure néanmoins huitième dans l’ordre de succession au trône. Pour les experts, cette affaire représente un défi pour la monarchie britannique. L’historienne Anna Whitelock estime qu’elle « met à l’épreuve sa transparence et ses responsabilités », tandis que l’expert Ed Owens considère Andrew comme « une bombe non explosée », dont les conséquences continuent de peser sur le règne de Charles III.