Accueil des étrangers : La préfecture de police de Paris veut en finir avec les files d’attente interminables

Le 23 juillet 2018, à Paris. La façade de la préfecture de police de Paris, au 12, quai de Gesvres — Clément Follain / 20 Minutes

150.000. C’est le nombre d’usagers étrangers qui auraient dû être accueillis par la préfecture de police de Paris – essentiellement pour des procédures liées au droit de séjour – pendant le confinement et jusqu’à sa réouverture, le 15 juin prochain. Un chiffre peu surprenant pour qui avait l’habitude de passer sur l’île de la Cité, l’un des six centres de la capitale, où une longue queue serpentait parfois devant le bâtiment dès les premières lueurs du jour.

Et si les portes s’apprêtent à rouvrir, la crise sanitaire et les adaptations qu’elle nécessite ne permet pas de rattraper le retard accumulé. Les guichets ont été espacés et équipés de plexiglas, les salles d’attente réaménagées. Fini également la réception des personnes sans rendez-vous qui représentaient, avant le confinement, près d’un tiers des accueils. Désormais, il faut impérativement s’inscrire en ligne. Sur l’île de de la Cité, on estime que toutes ces mesures divisent par trois les capacités d’acceuil.

Vers plus de téléprocédures

Pour autant, Julien Marion, le directeur de la police générale l’assure, cette crise pourrait se révéler bénéfique sur le moyen et le long terme dans l’accueil des étrangers. « Les contraintes fortes auxquelles nous sommes confrontés sont une opportunité pour repenser en profondeur les modalités d’accueil et proposer un saut qualitatif. » A partir du 15 juin, de nouvelles procédures pourront être faites directement en ligne. La demande de duplicata d’un titre de séjour ou l’enregistrement d’un changement d’adresse se feront, par exemple, sur Internet. Il faudra néanmoins se déplacer pour récupérer le document demandé. De même, pour une demande de titre de séjour, tous les documents seront collectés en ligne avant le premier rendez-vous. L’objectif : limiter au maximum les allers-retours pour les resserrer sur l’essentiel. Ainsi pour l’obtention d’un titre de séjour, il fallait généralement compter trois ou quatre passages à la préfecture, désormais, les autorités espèrent que deux « au maximum » seront nécessaires.

« L’époque où les usagers étrangers devaient sacrifier une demi-journée ou une journée pour faire la queue et obtenir un renseignement est révolue », insiste le haut fonctionnaire. Pour accompagner cette transition, le standard téléphonique s’apprête à être doublé, voir triplé si nécessaire, la foire aux questions sera traduite en anglais et en arabe. Quid de la fracture numérique et des difficultés d’accès à Internet de certaines populations ? Selon Jean-François Manheule, le sous-directeur de l’administration des étrangers, le retour d’expérience montre que les échanges numériques sont déjà très fréquents et ne posent, en général, pas de problème.

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