A Monaco, un peu de mer en moins pour un quartier en plus

Le chantier, le 9 juillet 2019 — V. Hache / AFP

  • Lancé sur le papier en 2015, le chantier d’une extension de Monaco sur la mer doit s’achever en 2025.
  • Les travaux en sont à une « étape charnière » avec la fin de la digue qui doit protéger le futur quartier.
  • Sur place, cinq immeubles et quatorze villas devraient être commercialisés à prix d’or.

« On est à une étape charnière. » A Monaco, cinq immeubles et quatorze villas doivent sortir de l’eau d’ici à 2025, posés sur un remblai sous-marin fermé par une digue dont les  travaux sont quasiment achevés, annonce Christophe Hirsinger, le directeur du projet chez Bouygues TP Monaco. Le chantier lancé sur le papier en 2015 est sans équivalent, même au Moyen-Orient, en raison de ses contraintes sismiques, environnementales et de sa profondeur, à -50 mètres.

Les camions toupie sont entrés en action, signe que sera bientôt achevée la phase maritime du projet, peu visible en surface mais la plus spectaculaire en termes de génie civil avec 8 hectares recouverts sous la Méditerranée pour gagner 6 hectares de foncier.

Le 18 juillet, le 17e et dernier caisson de béton (25 m de haut) conçu pour former une ceinture résistant à la houle et aux tremblements de terre sera posé et le nouveau trait de côte dessiné : « On sera à même, dès l’automne, de pouvoir remblayer à l’intérieur, pour créer la plateforme où sera construit le quartier », précise Christophe Hirsinger.

Des espèces déplacées

« Il a fallu draguer les sédiments impropres à la construction, [soit] 66.000 m3, pour aller jusqu’au rocher à 50 m de profondeur. C’est là qu’on a créé un remblai sur lequel on est venu poser les caissons à -20 m » sous la mer, rappelle le responsable.

Pour le biologiste Alexandre Meinesz, le péché originel du projet est là, d’autant qu’il succède à d’autres extensions qui ont déjà fait gagner 40 hectares à la principauté depuis les années 1950 : « L’habitat marin est recouvert à jamais. »

A ces critiques, les titulaires de la concession, des investisseurs privés, dont Bouygues et des familles monégasques, regroupés dans la société anonyme L’Anse du Portier, opposent leur souci de minimiser au maximum les atteintes à l’environnement, quitte à rallonger la durée et la facture du chantier, de 2 milliards d’euros au total.

Le site, entre deux réserves naturelles, est confiné derrière des écrans anti-turbidité laissant passer l’eau, mais pas les matériaux mis en œuvre au fond de l’eau. Des espèces ont été déplacées, et de nouveaux habitats recréés pour la faune et la flore dans la ceinture de caissons, sur les enrochements et sur des récifs artificiels.

« Il reste un espace de liberté, c’est l’espace marin »

Avec ce nouveau quartier confié à Renzo Piano et au cabinet Vallode et Pistre, Monaco espère attirer la clientèle haut de gamme que se disputent quatre ou cinq villes dans le monde capable de payer environ 100.000 euros le mètre carré.

« La principauté est en croissance démographique, elle a besoin d’attirer un certain nombre de gens et jusqu’à la frontière terrestre, c’est très construit. Il reste un espace de liberté, c’est l’espace marin, c’est ça l’origine du projet », reprend Christophe Hirsinger.

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