A Metz, les Meneurs de BPIFrance font de l’innovation un sport collectif

Ce samedi-là dans le vestiaire, les Dragonnes d’Emmanuel Mayonnade s’apprêtaient à affronter les Croates de Zagreb. Mais pour le président du club, Thierry Weizman, une autre rencontre au sommet se jouait en coulisse. Une bonne partie des industriels et entrepreneurs du département étaient réunis dans une salle de son complexe, invités par BPIFrance à participer à la table ronde Les Meneurs, son programme phare de promotion de l’innovation dans les territoires.

Si la banque d’investissement multiplie les rendez-vous, 16.000 entreprises ayant aujourd’hui rejoint son programme Les Meneurs, cette étape à Metz avait une saveur particulière. Les Dragonnes est le plus vieux partenaire sportif de la BPI. Depuis treize ans, la banque s’affiche sur son maillot et c’est donc assez naturellement que Metz a rejoint en son temps les Meneurs, programme lancé en 2013 comme « une locomotive qui permet de fédérer les clubs et les collectivités locales au-delà des exploits sportifs », expliquait son créateur, Patrice Bégay, le directeur exécutif de la communication de BPI France.

L’ « inno génération »

L’événement célèbre aujourd’hui « l’inno génération », l’esprit d’entreprendre à transmettre aux plus jeunes. Mais il est également l’occasion de souder le club à ses partenaires actuels ou futurs. « Mon rôle c’est de chercher constamment de l’argent, confirme sur scène Thierry Weizman. On s’arrange pour que nos collaborateurs n’aient aucun autre souci que de jouer au handball. La voiture, on gère. L’appartement, on gère. Garder le chien, on sait gérer. Quand elles montent sur le terrain, elles n’ont pas d’autres soucis que de donner le maximum. »

D’où l’importance pour son club de ce genre d’opérations. « Hier Thierry [Weizman] me dit j’ai un budget de 3,5 millions. Je lui dis « ce n’est pas assez », il faut le tripler, relance Patrice Bégay. Mais ce n’est pas si simple, donc il faut qu’on l’aide. Ce n’est pas un coup de pouce dont on a besoin, c’est d’une vraie métamorphose. Et donc on a monté ensemble plein d’événements… »

Pour y parvenir, le club de Metz se pense comme une entreprise de spectacle, contraint à innover pour obtenir un peu de l’attention médiatique si disputée aujourd’hui. « A chaque fois qu’on peut, on essaie de faire le buzz parce que c’est difficile de faire parler du sport féminin. On a eu une présentation de l’équipe en jupe-short, c’était la première fois. On a eu un défilé de mode avec Courrèges. Et cette année, on l’a faite à la Cathédrale et ça a fait parler parce que des catholiques intégristes ont voulu nous poser des problèmes mais au final c’était une franche réussite : quelle équipe en France, a 1.000 personnes qui assistent à sa présentation? » Pour supporter quelques heures plus tard les Dragonnes, ils étaient quatre fois plus. Face aux Croates, les championnes de France ont récité leur handball et remporté une écrasante victoire (38-13). Une belle habitude que le club le plus titré de France (24 titres nationaux) n’a pas envie de perdre. On ne peut pas innover dans tous les domaines.