France

À Lyon, la justice saisie pour la poursuite des activités d’un groupe antifasciste dissous.

Fabienne Buccio, préfète du Rhône, a signalé au procureur des publications récentes sur le compte X nommé « @antifa_lyon », qui appelle à la violence et présente des similitudes avec le Groupe Antifasciste Lyon et Environs (GALE) dissous le 30 mars 2022. La préfète va également signaler des « appels à la violence, apologie de crime et propos haineux » dans un article publié sur le site Internet Rebellyon.info, intitulé « Quentin de moins, pétain en moins ».


Elle considère qu’un compte sur X, dénommé « @antifa_lyon », poursuit, de manière détournée, les activités d’un groupe antifasciste de Lyon qui a été dissous il y a quatre ans, et incite à la violence, en particulier contre les forces de l’ordre. La préfète du Rhône, Fabienne Buccio, a saisi la justice en conséquence, comme l’a indiqué la préfecture à l’AFP samedi.

Conformément à l’article 40 du code de procédure pénale, Fabienne Buccio a alerté le procureur sur des publications récentes, notant la similitude des logos et des signalétiques de ce compte avec ceux du Groupe Antifasciste Lyon et Environs (GALE), qui a été dissous par décret le 30 mars 2022.

Ce compte appelle notamment à participer à la présentation dans plusieurs villes d’un livre, *A bas l’état, les flics et les fachos : fragments d’une lutte antifasciste*, publié en 2024.

Il exhorte également à soutenir les personnes mises en examen pour l’« homicide volontaire » du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon, qualifiant cela d’« apologie d’un crime », selon la préfecture, tout en appelant à la « violence contre les forces de l’ordre ».

La représentante de l’État demande à la justice de constater la « poursuite de l’activité » du GALE « sous une forme identique ou détournée » à travers ce compte X.

L’article 40 impose à toute autorité constituée de signaler à la justice d’éventuels crimes et délits. Le gouvernement avait ainsi averti mardi la justice d’une possible « reconstitution » de la Jeune Garde Antifasciste, dissoute en 2024, dont étaient membres plusieurs des suspects mis en examen pour « homicide volontaire » sur Quentin Deranque.

Par ailleurs, la préfecture a fait savoir que Fabienne Buccio allait également signaler au procureur des « appels à la violence, apologie de crime et propos haineux » dans un article publié vendredi sur le site Internet Rebellyon.info, qui se revendique antiraciste et antifasciste.

Intitulé « Quentin de moins, pétain en moins », l’article appelle à soutenir les personnes interpellées dans l’enquête concernant l’homicide de Quentin Deranque.

« Un facho mort, c’est un de moins dans les défilés nazis », écrit le site en référence à la marche qui a eu lieu il y a une semaine en hommage à Quentin Deranque. L’article conclut : « Que crèvent les fascistes, les flics et les prisons ! »

La préfète Buccio avait également saisi la justice en raison de saluts nazis et d’insultes racistes et homophobes proférées lors de cette marche, qui a rassemblé de nombreux militants de groupuscules d’ultradroite. Le parquet a ouvert des enquêtes.