50 ans de l’homme sur la Lune: Quelle playlist écouter pour contempler l’astre nocturne?

La lune a inspiré des centaines de chansons — Illustration/Pixabay

  • Le 20 juillet 1969, Neil Armstrong foulait le sol de la Lune. A l’occasion des 50 ans des premiers pas de l’homme sur le satellite de la Terre, 20 Minutes vise la Lune avec une série d’articles. 
  • Mais les compositeurs et les chanteurs n’ont pas attendu la fin des années 1960 pour chanter la Lune. 20 Minutes vous donne sa playlist pour contempler l’astre.

Souvenez-vous les comptines de votre enfance. Vous avez réussi à vous en rappeler les titres ? Frère Jacques, d’accord. Il était un petit navire, OK. Un autre ? Au moment où vous lisez ces lignes, nombreux parmi vous auront certainement déjà pensé à Au clair de la Lune. Cette ritournelle du XVIIIe siècle illustre tout à fait ce dont nous allons parler ici : le mariage entre la musique et le satellite naturel de la Terre dure depuis un moment. Et la romance est aussi intense que fertile.

Muse parmi les muses, la Lune a toujours fasciné et la musique, de tous genres et de toutes sonorités, lui rend allégrement hommage. A travers les morceaux, la Lune y prend tour à tour le rôle d’une confidente, d’une présence réconfortante ou de moteur de mélancolie. Car qui dit Lune dit contemplation, nocturne qui plus est. Si vous ajoutez à cela une bonne dose de mystère, vous avez tous les ingrédients nécessaires à la composition de musique. Puisque la viser ne nous fait pas peur, et que c’est notre philosophie (merci Amel Bent), voici une liste non exhaustive d’ œuvres musicales, au clair de la Lune.

Beethoven, Sonate pour piano n°14

Composée entre 1801 et 1802, la Sonate n°14 de Ludwig van Beethoven a tout d’une mélodie de deuil ou de procession mortuaire. Profonde, solennelle voire oppressante, le morceau a pour particularité d’être surnommée Sonate au Clair de Lune. Pourtant, ce n’est pas du fait du compositeur lui-même ; il faudra attendre quelques années après la mort du prodige et l’intervention du poète Ludwig Rellstab pour que ce sobriquet ne soit affublé à l’œuvre. Pour ce dernier, la sonate inspirait une barque, voguant sur un lac sous l’astre lunaire. Et, à son écoute, il faut bien avouer qu’il est facile de comprendre d’où lui est venu un tel sentiment. Mettez le son, fermez les yeux, imaginez le paysage et la douce ondulation des eaux : on s’y croirait presque.

Un siècle plus tard, dans sa Suite bergamasque, le troisième mouvement de Claude Debussy pris lui aussi le nom de Clair de Lune. Ça ne vous dit rien comme ça ? On vous assure que vous l’avez forcément déjà entendu.

Charles Trenet, Le Soleil et la Lune

En France aussi, on s’intéresse au croissant lumineux. En 1939, le grand Charles Trenet chante la rencontre amoureuse dans Le Soleil et la Lune. Il y reprend une mythologie répandue autour de l’astre, celle de sa dualité avec le Soleil. Inséparables l’un de l’autre, les deux ne peuvent pourtant pas jamais se rencontrer. Parabole parfaite pour des amours maudits, chantés avec toute l’espièglerie propre au chanteur français. « Le Soleil a rendez-vous avec la Lune. Mais la Lune n’est pas là et le soleil l’attend. Ici-bas souvent chacun pour sa chacune. Chacun doit en faire autant. » Simple et efficace.

Frank Sinatra, Fly me to the Moon

Comment aborder les inspirations lunaires dans la musique sans passer par le légendaire Fly me to the Moon de Frank Sinatra ? Tube parmi les tubes, le morceau sorti une quinzaine d’années avant le premier pas de Neil Armstrong sur notre satellite naturel laisse la part belle au leader du Rat Pack. Tout au long du morceau, le crooner chante avec une douceur nonchalante sur des airs de jazz si caractéristiques de l’époque. Une chanson d’amour sans grandiloquence superflue, portée par l’interprétation de Sinatra.

On notera aussi qu’elle fut reprise en duo par Julien Clerc et Véronique Sanson en 2003, sous le titre Volons vers la Lune. A vous de juger laquelle vous préférez.

Pink Floyd, Dark Side of the Moon

On touche au chef-d’œuvre. Ici il ne s’agit pas d’une chanson, mais d’un album tout entier. Si la pochette emblématique, le huitième LP des Pink Floyd l’est tout autant. Sorti en mars 1973, Dark Side of the Moon est resté dans le top 200 des albums américains pendant 942 semaines, soit l’équivalent… de 18 ans. Ici, si la référence à la Lune s’arrête au titre de l’album et à sa reprise dans les paroles du titre Brain Damage : « And if your head explodes with dark forebodings too. I’ll see you on the dark side of the Moon. », Rien de très joyeux, comprenez, « on se reverra de l’autre côté. »

Indochine, J’ai demandé à la Lune

Depuis qu’on a commencé à vous lister des chansons, celle-ci vous a probablement traversé l’esprit à un moment ou un autre. Carton absolu en 2002, certifié disque de diamant, J’ai demandé à la Lune d’ Indochine se pose là, quand on parle de morceaux ancrés dans l’inconscient collectif. On y retrouve des éléments que l’on a pu voir sur les morceaux listés précédemment : La dualité Lune/Soleil («J’ai demandé à la Lune, et le Soleil ne le sait pas ») et le côté oreille attentive de l’astre. Sauf que cette fois, ce dernier est personnifié, taquin «et La Lune s’est moquée de moi ») et se révèle mauvais conseiller en amour « J’ai pas l’habitude de m’occuper des cas comme ça »). Pour autant, la chanson aura eu le mérite de relancer la carrière du groupe légendaire, difficilement sorti des années 1980.

Kid Cudi, Man on the Moon : End of Day

En 2009, Kid Cudi, de par son travail avec Kanye West et à l’atmosphère très « cœur à vif » de ses morceaux, aura sans aucun doute changé la face du rap. Exit les clichés sur les grosses voitures et les femmes dénudées à outrance, Scott Mescudi se livre comme peu l’on fait auparavant. Sentiments bruts, paroles écorchées qui abordent des sujets très personnels, il y eut un avant et un après Kid Cudi. Et quoi de mieux pour cristalliser toutes ces émotions ? La Lune, une nouvelle fois. Le premier album du rappeur de Cleveland s’intitule Man on the Moon : End of Day et regorge de références au satellite terrestre, que ce dernier voit comme un moyen de s’isoler, loin du monde.

>> Thomas Pesquet répond à nos questions lunaires et notamment à la chanson qu’il écouterait sur la Lune.

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