Yves Van Laethem met en garde contre une « première » observée en un mois: « Le coronavirus a la main, mais nous conservons nos deux meilleurs joueurs » (Mise à jour)

Depuis le début de l’épidémie en Belgique, 686.827 cas de contamination ont été dépistés et 20.620 personnes sont décédées des suites du virus. Il y a eu en outre 50.637 cas admis à l’hôpital depuis le 15 mars 2020.

Le coronavirus a, par ailleurs, coûté la vie de 49 personnes en moyenne par jour entre le 12 et le 18 janvier, en recul de 9%.

Entre le 12 et le 18 janvier, 1.963 cas de Covid-19 ont été dépistés en moyenne par jour (-6%). Le nombre de cas continue de diminuer à Bruxelles et en Wallonie mais augmente de nouveau en Flandre (+2%). Cette augmentation concerne essentiellement les enfants et la population active. « La situation reste fragile, sur un plateau trop élevé pour les systèmes de santé, d’autant plus que le nombre de cas et d’hospitalisations ne semble plus diminuer », analyse Yves Van Laethem.

Le taux de reproduction du virus quant à lui remonte à 1,04, contre 1,03 la veille.

« Pour le moment, le virus a toujours la main dans le match mais nous avons encore nos deux meilleurs joueurs : la vaccination et le printemps », illustre l’expert.

Le point sur la vaccination

A ce jour, 141.800 personnes ont reçu une première dose du vaccin contre le coronavirus. Cela représente environ 11% des plus de 80 ans de notre pays. La deuxième dose a commencé à être administrée à certains d’entre eux, signifiant que le degré de protection de cette partie de la population particulièrement à risque va augmenter dans les semaines qui viennent.

« Le bout du tunnel est de plus en plus en vue pour nos maisons de repos mais nous n’y sommes pas encore », commente Yves Van Laethem. « Au niveau des maisons de repos, les chiffres évoluent dans le bon sens et la politique de vaccination en cours devrait pouvoir maintenir cette situation dans les semaines qui suivent », assure l’expert. En Flandre, 17% des maisons de repos présentent au moins un cas (-1%). Elles sont 10% en Wallonie (-2%) et 11% à Bruxelles (+2%). « La situation est totalement stable à ce niveau-là. »

D’ici peu de mois, la campagne de vaccination va s’accélérer de manière à toucher également le reste de la population, avec l’arrivée de nouveaux vaccins. « Cependant en attendant il nous reste quelques semaines d’hiver pendant lesquelles l’épidémie dispose des conditions favorables pour progresser, il faut donc continuer à prendre soin des autres », avertit l’infectiologue.

Les hospitalisations en hausse

Entre le 15 et le 21 janvier, les hôpitaux ont admis en moyenne 125 nouveaux patients atteints du Covid-19 chaque jour (+3%), selon les chiffres provisoires de l’Institut de santé publique Sciensano publiés vendredi matin. Le nombre de personnes hospitalisées des suites du coronavirus s’élève à 1.941 (stable), dont 338 (stable) en soins intensifs.

C’est la première hausse des admissions en milieu hospitalier depuis un mois, indique le porte-parole interfédéral. Cette hausse est particulièrement marquée ces derniers jours. « L’âge moyen des personnes hospitalisées est légèrement moins élevé que ce que nous avons connu précédemment »,explique Yves Van Laethem.

Le nombre de décès continue en revanche de diminuer avec une moyenne de 49 décès par jour (-9%).

Une procédure de testing simplifiée à Bruxelles

A partir de lundi prochain, tous les contacts à haut risque devront être testés au jour 1 et au jour 7 de leur quarantaine. « Ceci est une amélioration importante afin de mieux cerner la propagation du virus ». Selon l’expert, la capacité actuelle de tests est largement sous-utilisée. « Il y a une capacité actuellement de 100.000 tests par jour et ces derniers jours, nous avons environ 40.000 à 45.000 personnes testées par jour ».

« Nous invitons donc toutes les personnes avec des symptômes, même légers à se faire tester », rappelle l’expert. « Il est essentiel de se faire tester rapidement pour briser la chaîne de propagation. » Deux scénarios ont été développés par l’expert afin de démontrer l’importance du testing rapide. « Le choix que nous faisons de nous faire tester a un impact global » a-t-il insisté.

A Bruxelles, la procédure de testing a été simplifiée depuis ce jeudi : toute personne qui présente des symptômes ou identifiée comme personne à haut risque peut désormais prendre un rendez-vous sur le site brussels.testcovid.be sans passer par le relais d’une prescription médicale. « En revanche, si les symptômes sont graves il est clair que c’est un médecin ou les urgences qui doivent être consultés », a précisé l’expert.

« Face aux variants du virus, les règles d’or restent la clé »

« Au milieu de tous les variants et de toutes les évolutions de la recherche, il reste une constante : la somme de nos comportements face à l’épidémie », rappelle Antoine Iseux. « Des gestes connus de tous permettent de limiter la propagation du coronavirus. » Selon l’expert, les règles d’or constituent une barrière efficace, y compris face aux variants. Quelle que soit l’évolution de l’épidémie dans les prochains mois et dans l’attente d’une couverture vaccinale suffisante, les règles d’or resteront des réflexes primordiaux.

Pour rappel, il s’agit de rester chez soi si on est malade ou contact à haut risque, assurer une bonne hygiène de nos mains, éviter les trop grandes concentrations de personnes, aérer les espaces clos et porter un masque dans les endroits où cela est nécessaire.

Ces règles de base se complètent par des mesures qui sont adaptées régulièrement puisque la situation évolue. Un nouveau comité de concertation aura lieu ce vendredi et se penchera sur cette combinaison de mesures.

L’expert a également insisté sur la nécessité de se tenir informé. « S’informer est la base de notre combat à tous », a-t-il conclu.