Yvan Verougstraete annonce des négociations pour former un gouvernement
Yvan Verougstraete entamera mardi 20 janvier les négociations avec les sept partis afin d’élaborer un budget pour 2026 limitant le déficit à 1 milliard d’euros. Le CD&V a annoncé qu’il ne participera pas aux discussions, mais qu’il apportera sa signature à la mise en place du gouvernement, une signature indispensable pour un exécutif de plein exercice.
Le formateur et président des Engagés, Yvan Verougstraete, débutera le mardi 20 janvier les négociations avec les sept partis qui collaborent depuis le 12 décembre en vue d’établir un budget pour 2026 limitant le déficit à 1 milliard d’euros, ainsi que d’établir une liste des décisions urgentes et des réformes essentielles.
Il a demandé à ce que le ministre du Budget, Dirk De Smedt (Open Vld), participe aux négociations. C’est ce qu’il a annoncé jeudi après-midi dans un communiqué.
Yvan Verougstraete, le formateur bruxellois, avait proposé lundi aux sept partis impliqués dans la tentative de formation d’une majorité bruxelloise un plan pour permettre à la Région-capitale de disposer d’un budget 2026 opérationnel, en visant à réduire le déficit à un maximum d’un milliard d’euros, tout en initiant des réformes afin de remettre les finances sur de bonnes rails pour les trois années à venir.
Depuis plus d’un mois qu’Yvan Verougstraete est formateur, où en sont les travaux depuis le 11 décembre ? Formellemement, les avancées sont minimes. La coalition « Guinness », comme l’appelle le président des Engagés, regroupe pour l’instant, outre les centristes, le PS, Ecolo et Défi du côté francophone ; Groen, Vooruit et le CD&V du côté néerlandophone. Effectivement, depuis la mi-décembre, la coalition francophone est devenue majoritaire. Cependant, les invitations faites à l’Open VLD pour rejoindre l’équipe néerlandophone n’ont reçu aucune réponse positive.
La note de base du formateur, intitulée « Osons Bruxelles », contient plusieurs éléments visant à séduire les libéraux néerlandophones afin de lancer une négociation, sans succès, sans même parler des hésitations du CD&V. Plusieurs réunions bilatérales au début de l’année n’ont pas permis d’avancer. Ce lundi 12 janvier, Yvan Verougstraete a présenté un « Chemin pour relancer Bruxelles », appelant à faire voter « un véritable budget 2026 avec un déficit de maximum 1 milliard d’euros et entamer les réformes structurelles qui crédibilisent un retour vers l’équilibre des finances publiques » avec une « majorité de réforme ».
Ce mercredi, le ministre du Budget, Dirk De Smedt (Open VLD), a ouvert une porte pour l’élaboration d’un budget pour la Région. Une porte que le formateur a immédiatement empruntée avec l’invitation à une négociation plénière pour le mardi 20 janvier, en présence du ministre libéral néerlandophone. Cela signifie-t-il que le VLD entre dans les négociations ? Rien n’est moins sûr et le formateur demeure prudent : « Plus vite les négociations seront lancées, plus vite nous saurons s’il est possible de former une majorité capable de les entériner, plus vite le déficit pourra être maîtrisé, plus vite l’équilibre budgétaire pourra être envisagé et la Région pourra retrouver son efficacité au service des citoyens. »
Elke Van den Brandt, cheffe de file de Groen, s’est réjouie de cette avancée : « La voie vers un gouvernement à part entière semble enfin dégagée, avec l’ambition commune de mettre en œuvre les réformes nécessaires à court terme. »
Cependant, cet optimisme n’est pas partagé ailleurs. Le CD&V a annoncé son retrait des discussions. Le parti social-chrétien a indiqué à l’agence Belgique qu’il ne négociera pas, mais qu’il apportera sa signature pour la mise en place du gouvernement, une signature indispensable pour constituer un exécutif de plein exercice. « Le processus de formation bruxelloise dure désormais depuis 19 mois. Il faut saluer la détermination du formateur Verougstraete, qui poursuit ses efforts pour sortir Bruxelles de l’impasse… Le CD&V a toutefois décidé de ne pas participer à cette coalition et fera le choix d’une opposition responsable, » a déclaré Benjamin Dalle, l’unique élu CD&V au parlement bruxellois. Par ailleurs, le président de l’Open VLD, Frederic De Gucht, a précisé sur Twitter : « 1. Dirk De Smedt souhaite, dans le cadre des affaires courantes, remettre autant que possible de l’ordre dans les finances et travaille à un budget pour 2026. Il cherchera une majorité, tant au sein du gouvernement qu’au Parlement. Des réunions sont prévues. 2. OpenVLD ne participe pas aux négociations aujourd’hui et, sur la base des éléments dont nous disposons, n’a aucune raison de le faire. Notre position à ce sujet a toujours été et reste très claire. »
Ainsi, il est clair que Bruxelles n’est toujours pas sortie d’affaire et la possibilité que la « Guinness » fasse « pschitt » demeure réelle.

