Belgique

Vu d’Europe : le gouvernement estonien ne louera pas d’espace pénitentiaire.

La ministre estonienne de la justice a déclaré le jeudi 4 février que « ce gouvernement dans cette composition au Riigikogu ne discutera pas de la question de la location de prisons supplémentaires. » En vertu de l’accord passé entre l’Estonie et la Suède, jusqu’à 600 détenus condamnés devraient être transférés en Estonie avec un bail d’une durée de cinq ans.


« Nous avons dit très clairement que ce gouvernement dans cette composition au Riigikogu (le parlement estonien) ne discutera pas de la question de la location de prisons supplémentaires. Et que si jamais il y a un intérêt à le faire, cela pourra être abordé par la prochaine administration », déclarait ce jeudi la ministre estonienne de la justice à l’ERR (le média public estonien). « Ne nous laissons pas emporter par les interprétations », concluait-elle.

L’administration pénitentiaire estonienne, avec ses prisons modernes et ses solutions numériques avancées, suscite un large intérêt international. C’est dans ce contexte que les ministres belges se sont rendus en Estonie, explique Liisa Pakosta.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de capacité disponible : l’un des bâtiments de la prison de Viru est vide depuis plusieurs années et pourrait être utilisé pour accueillir des détenus étrangers si la décision était prise en ce sens, a-t-elle précisé. « Le prochain gouvernement pourra décider si ce bâtiment vide continue d’être entretenu avec l’argent des contribuables ou s’on lui trouve une meilleure utilisation. Par exemple, 60 emplois supplémentaires pourraient être créés dans le comté d’Ida-Viru. Mais ce sera au prochain gouvernement de décider et d’examiner tout cela ».

En ce qui concerne l’accord de location de prison conclu avec la Suède l’été dernier, qui prévoit l’arrivée de prisonniers suédois à la prison de Tartu au cours du second semestre 2026, la ministre de la justice indique que l’état d’esprit actuel est positif.

L’accord a passé sa première lecture (sur deux) au Riigikogu, et le président de la commission des affaires juridiques du Riigikogu, Madis Timpson (réformiste), déclarait à l’ERR ce mercredi 4 février que les consultations se poursuivent ; par exemple, les dirigeants de la ville de Tartu doivent se joindre à la commission pour une réunion la semaine prochaine. Madis Timpson a conclu que l’accord devrait être ratifié le mois prochain.

La ratification des accords internationaux nécessite deux lectures au Riigikogu, contre trois pour la législation nationale standard. Un accord qui devra également être ratifié par le Riksdag, le parlement suédois, ce qui n’a également pas encore été fait.

Selon Liisa Pakosta, la mise en œuvre de l’accord avec la Suède sera une première expérience dont il faudra tirer les leçons : « Si nous allons de l’avant avec ce projet, il s’agira certainement d’une expérience d’apprentissage pour voir comment les choses se passent. L’accord prévoit plusieurs options pour y mettre fin si la moindre chose devait menacer la sécurité ou si la situation devait s’aggraver. Essayons donc d’abord de mettre en place ce projet et de voir comment il se déroule », explique-t-elle.

La ministre de la justice estonienne souligne cependant que la police et le service de sécurité intérieure (SSI) ont analysé en profondeur tous les risques et que ceux-ci ont été atténués. « En d’autres termes, tout ce dont nous avons connaissance a été atténué et tout devrait se dérouler en toute sécurité, mais nous n’avons pas l’intention d’étendre ou de modifier cette activité de quelque manière que ce soit », conclut-elle.

En vertu de l’accord passé entre l’Estonie et la Suède, jusqu’à 600 détenus condamnés devraient être transférés en Estonie avec un bail d’une durée de cinq ans.

Le Royaume-Uni et les Pays-Bas figuraient parmi les autres pays qui avaient fait l’objet de spéculations sur ce projet lorsqu’il a été lancé au début de l’année 2025. Dans la plupart des cas, les pays sont confrontés à une surpopulation carcérale à un moment où les prisons estoniennes, à l’exception de celle de Tallinn, sont sous-utilisées.

Les trois principales prisons d’Estonie se trouvent à Tallinn, Tartu et Jõhvi (prison de Viru).

Un article écrit par ERR, publié le 5 février à 15h20.