Visite chahutée à Charleroi : exfiltration du vice-président de la Commission européenne du UCampus
Raffaele Fitto, commissaire européen au développement régional et vice-président exécutif de la Commission européenne, a visité l’UCampus de Charleroi dans le cadre des transformations réalisées grâce aux fonds européens. Le Cabinet du ministre a rappelé que l’Université de Charleroi a bénéficié de 23 millions d’aides de l’Europe.
C’est une visite mémorable. Raffaele Fitto, commissaire européen au développement régional et vice-président exécutif de la Commission européenne, s’est rendu à l’UCampus de Charleroi pour observer les transformations financées par des fonds européens. Il a été accueilli par un comité d’accueil inhabituel.
À l’appel de certains professeurs et associations, une manifestation était prévue devant l’université pendant que le Commissaire et le Président wallon visitaient les lieux. Cependant, la situation est rapidement devenue chaotique lorsque les manifestants ont réalisé que Raffaele Fitto était déjà à l’intérieur, ayant pénétré par une autre porte, et que la conférence était en cours. Ils ont tenté d’entrer dans la salle, mais la police les en a empêchés.
Malgré cela, la conférence s’est tenue, éclipsée par les chants, cris et insultes des manifestants.
Visiblement affecté par la situation, Raffaele Fitto a accepté de s’adresser à la presse : « C’est la première fois que ça m’arrive. Je suis allé dans tous les États membres, j’ai rencontré des centaines de projets, mais c’est la première fois. Je suis ici pour représenter la Commission européenne, je suis vice-président exécutif. Je suis aussi là pour représenter les valeurs de l’Union européenne, c’est ça le message que je veux faire passer. Désolé, avec tout mon respect, ce type de manifestation est ridicule. »
Le Commissaire s’est déclaré lui-même antifasciste et a assuré que le parti Fratelli d’Italia n’avait aucune affiliation avec la mouvance fasciste. Il a essayé de s’adresser aux manifestants, mais sa demande a été refusée. À ce stade, il n’est pas clair si le refus provient de la police pour des raisons de sécurité ou des manifestants eux-mêmes.
Adrien Dolimont, qui accompagnait le Commissaire, a exprimé son choc : « C’est hallucinant », a-t-il déclaré. « On vient ici pour discuter de ces projets, de l’aide que l’Europe nous a accordée pour aider la Région, et voilà comment nous sommes accueillis ? Je suis effaré. Quelle image désastreuse nous donnons ! » Le Cabinet du ministre a rappelé que l’Université de Charleroi avait reçu 23 millions d’euros d’aides de l’Europe.
La tension s’est intensifiée dans la salle pendant plus de 40 minutes, avec la délégation bloquée par les manifestants. Plusieurs options ont été envisagées pour sortir, y compris passer par une fenêtre. Finalement, un renfort policier a été requis pour exfiltrer les deux hommes à travers la foule.
Ils ont quitté Charleroi sous les huées et les insultes pour poursuivre leur réunion à un autre endroit de la ville.
Les manifestants, de leur côté, se sont déclarés satisfaits de leur action : « Nous sommes en résistance. Un jour, on se réveillera et on se dira : ‘Mais comment en est-on arrivé à vivre dans un pays fasciste ?’ C’est pour ça qu’on se mobilise, pour ne pas laisser passer ce genre de chose, surtout dans une université », a expliqué Elodie Verlinden, docteure en Information et Communication de l’ULB.
Les manifestants prévoient de demander des comptes aux autorités du campus ainsi qu’au bourgmestre Thomas Dermine (PS). « La Ville de Charleroi a voté il y a quelques années une motion antifasciste, qui devrait normalement empêcher ce genre de réception », a indiqué Cloé Clarat, membre de la coalition antifasciste de Charleroi.

