Vers la fin des confettis dans les carnavals ?
Cinquante-sept communes flamandes ont déjà interdit les confettis pendant leur carnaval, principalement pour des raisons écologiques et de coûts de nettoyage. À Knokke‑Heist, le carnaval se déroule « sans confettis » depuis 2015, et il est interdit d’utiliser des confettis, des serpentins et des sprays, sous peine de sanction.
Ce sont plusieurs tonnes de petits ronds de papier colorés, indissociables des carnavals, cette période qui célèbre la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps, qui se retrouvent dans les avaloirs et égouts. Cinquante-sept communes flamandes ont déjà interdit les confettis pendant leur carnaval, principalement pour des raisons écologiques et de coûts de nettoyage.
À Knokke-Heist, le carnaval se tient « sans confettis » depuis 2015. L’utilisation de confettis, de serpentins et de sprays est interdite, sous peine de sanctions. La même interdiction est appliquée à Alost, un carnaval réputé pour l’exubérance de ses chars et la satire souvent acerbe des hommes et femmes politiques.
Aucune ville ou commune wallonne n’interdit les confettis, notamment pas à Binche, où ils sont aussi traditionnels que les oranges. À la Laetare de Stavelot, 6 tonnes de confettis sont tirées par des canons. C’est à Stavelot que se trouve la dernière fabrique de confettis en Belgique, celle des Blancs-Moussis, qui a récupéré une ancienne presse en 1972 dans une usine désaffectée, et qui fonctionne toujours.
Le coût de nettoyage d’une journée de carnaval avec une dizaine d’ouvriers est estimé entre 3500 et 4000 euros, englobant tous les types de déchets, pas seulement les confettis et serpentins. « Aucune étude n’a jamais été réalisée sur la pollution engendrée par l’amas de confettis », affirme Nicolas Yernaux, chargé de communication au Service public de Wallonie (SPW). « Cet aspect est marginal par rapport à l’ensemble de la gestion des déchets et de la gestion des eaux. Tout est trié au niveau des stations d’épuration ».
« Confetti » est un terme italien signifiant « petites dragées ». Dans l’Antiquité, les Romains lançaient des grains, des pétales de fleurs ou des confiseries lors de fêtes pour symboliser fertilité, prospérité et joie. Au Moyen Âge et à la Renaissance, on jetait des dragées ou autres sucreries pendant les carnavals et les mariages.
Cependant, ces dragées coûtent cher et se dégradent rapidement. Les Italiens se tournent alors vers de petites boulettes de plâtre ou des préparations en sucre et plâtre, qui prennent le nom de « confetti » et désignent tout ce qui est projeté lors des fêtes.
Dans les années 1870, en Italie du Nord, l’ingénieur et industriel Enrico Mangili a l’idée de récupérer les déchets de feuilles de papier perforé utilisées pour l’élevage des vers à soie. En voyant ces chutes de papier, il décide d’en fabriquer en grande quantité ces petits disques de papier léger, colorés et faciles à projeter.
L’usage des confettis franchit la frontière italienne pour arriver au Carnaval de Nice dans les années 1870, puis au Carnaval de Paris dans les années 1890, où l’on parle de « batailles de confettis ». Ils s’imposent en Europe et au-delà, devenant un symbole des fêtes populaires, pas seulement lors des carnavals mais aussi lors des bals et des mariages. Aujourd’hui encore, ils sont souvent tirés par des canons à confetti, prolongeant cette tradition festive héritée des Romains et des carnavals italiens. Actuellement, la production de confettis est très dispersée, avec de grandes quantités provenant d’Asie, notamment de Chine, où sont fabriqués des articles de fête à bas prix.
La tendance actuelle va vers des restrictions renforcées pour préserver l’environnement : interdiction des confettis en plastique ou en aluminium, promotion des confettis en papier recyclé, et événements « sans confettis ». Les confettis biodégradables, de plus en plus populaires pour des événements écoresponsables tels que les mariages ou anniversaires, sont fabriqués à partir de matériaux naturels comme le papier de soie, les fleurs séchées, la fécule de pomme de terre ou des fibres végétales. Ces confettis se décomposent naturellement en quelques jours ou semaines, sans laisser de traces. La durée de dégradation varie selon le matériau et les conditions environnementales telles que l’humidité, la température et l’exposition.
Serait-ce une nouvelle étape pour préserver à la fois la tradition et l’environnement ?

