Vaccin AstraZeneca: Frank Vandenbroucke critique la position de l’Agence européenne des médicaments

Ce mercredi, suite à un avis rendu par l’Agence européenne des médicaments, les autorités belges ont décidé de n’administrer le vaccin AstraZeneca qu’aux personnes âgées de plus de 55 ans, et ce, durant les quatre prochaines semaines.

Cette décision ne chamboulera pas pour autant le calendrier de vaccination. En effet, selon le ministre fédéral de la santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) et son homologue flamand Wouter Beke (CD&V), interrogés sur Radio 1 ce jeudi matin, ce changement n’aura qu’un impact mineur sur la campagne de vaccination belge. Ils confirment ainsi des propos similaires du délégué général Covid-19 en Wallonie, Yvon Englert, mercredi sur RTL.

Au nord du pays, seules 6.000 vaccinations sur un total d’un million doivent être reprogrammées, essentiellement pour des jeunes stagiaires en hôpital et autres centres de soins, qui ne recevront donc pas l’injection AstraZeneca. Selon M. Englert, quelques centaines de personnes sont concernées au sud du pays.

Si la limitation d’administrer le vaccin de la firme suédoise devait perdurer au-delà des quatre semaines, la campagne devra ralentir puisqu’elle mise toujours sur les vaccins AstraZeneca, a néanmoins indiqué M. Englert.

Les critiques de Vandenbroucke

Sur les ondes de la radio flamande, Frank Vandenbroucke s’est toutefois montré critique envers l’Agence européenne des médicaments (EMA). « Nous aurions souhaité qu’elle effectue une analyse plus approfondie du risque d’effets secondaires par groupe d’âge. Je n’étais pas le seul à le dire lors de la réunion des ministres européens de la Santé, hier », a regretté le socialiste flamand.

La Belgique veut aussi davantage de clarté de la part de l’EMA sur la seconde dose du vaccin, le meilleur moment pour l’administrer ou encore la possibilité de recourir à un autre vaccin après une première dose d’AstraZeneca.

L’EMA avait dit mercredi ne pas disposer de suffisamment de données pour une analyse de risque par tranches d’âge, ainsi que pour les questionnements sur la deuxième dose, notamment du fait que trop peu de ces secondes doses ont été administrées.

Pour Frank Vandenbroucke, les ministres belges de la Santé ont en fait suivi mercredi l’avis du Conseil supérieur de la Santé. « Quand on ne dispose que de l’AstraZeneca pour vacciner, alors il ne faut pas hésiter, et l’utiliser. Mais si l’on a le choix entre plusieurs vaccins et que cela ne change rien à la vitesse de la campagne, alors on peut adapter ». L’avis du Conseil supérieur de la Santé sera publié dans la journée de jeudi, selon le ministre.