Une scientifique reçoit le « Nobel de l’environnement » pour ses travaux sur les champignons.
Les réseaux fongiques souterrains absorbent 13 milliards de tonnes de carbone chaque année et sont considérés comme des régulateurs climatiques essentiels. Selon Mme Kiers, la plupart des points chauds de diversité fongique souterraine se trouvent en dehors des zones écologiquement protégées.
Sous la surface des forêts, des prairies et des exploitations agricoles du monde entier, d’immenses réseaux de champignons forment des systèmes d’échange souterrains permettant de transférer des nutriments aux racines des plantes, agissant comme des régulateurs climatiques essentiels en absorbant 13 milliards de tonnes de carbone chaque année.
Jusqu’à récemment, ces « réseaux mycorhiziens » étaient perçus comme de simples partenaires utiles des plantes, plutôt que comme l’un des systèmes de circulation vitaux de la Terre.
En cartographiant la distribution mondiale des champignons mycorhiziens dans un atlas publié l’an dernier, Mme Kiers et ses collègues ont contribué à mettre en lumière la biodiversité souterraine de ces grands réservoirs de carbone. Les plantes envoient leur excès de carbone sous terre, où les champignons mycorhiziens absorbent 13,12 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, ce qui représente environ un tiers des émissions totales provenant des combustibles fossiles.
### Passionnée des champignons
Toby Kiers a commencé à étudier les champignons à 19 ans lors d’une expédition scientifique dans les forêts tropicales du Panama.
Les analyses globales récentes auxquelles elle a participé ont révélé un constat alarmant : la majorité des points chauds de diversité fongique souterraine se situent en dehors des zones écologiquement protégées.
« La vie telle que nous la connaissons existe grâce aux champignons », soutient-elle, précisant que les ancêtres des plantes terrestres modernes, sous forme d’algues, étaient dépourvus de racines complexes et qu’un partenariat avec les champignons leur a permis de s’implanter dans les milieux terrestres.

