Une jurée d’assises risque gros après s’être répandue sur Facebook: « Je voulais la perpétuité »

Elle s’est plainte publiquement du contenu des délibérations. Le parquet ouvre une enquête.

Le parquet général de Bruxelles a chargé, lundi, le parquet de Louvain d’ouvrir une enquête préliminaire pour violation du secret professionnel après qu’une dame, membre du jury lors du procès d’assises de Ben Wertoy, eut exprimé, sur Facebook, son mécontentement au sujet de la manière dont les délibérations se sont déroulées.

Messages d’indignation

La cour d’assises du Brabant flamand a condamné vendredi soir Ben Wertoy, 27 ans, à 24 années de réclusion criminelle pour l’assassinat de Julie Quintens. L’homme avait étranglé à mort cette coiffeuse de 24 ans, à son domicile, à Tirlemont, au printemps 2018.

Lundi, le quotidien Het Nieuwsblad révélait qu’une des douze jurés s’était plainte sur Facebook des délibérations du procès. La femme avait répété son indignation dans des messages adressés à la famille de Julie Quintens.

« Je voulais la perpétuité »

« J’ai fait partie du jury toute la semaine, et j’en suis sortie brisée, peut-on lire dans ces publications sur Facebook. Je voulais la perpétuité […] J’ai dû m’abaisser à ce que la majorité voulait. Après cinq heures de débats, je n’ai pas pu obtenir la majorité. J’ai dû laisser tomber […] Heureusement, nous lui avons donné plus de 20 ans. Je suis devenue nerveuse, je pouvais à peine parler. Mon verdict était clair dès le premier jour. Dommage que nous soyons douze. »

Comme nous l’expliquait l’avocat Pierre Chomé, elle risque entre 8 jours et 6 mois de prison si elle devait être reconnue coupable d’avoir transgressé le secret professionnel auquel, par son serment, elle était censée adhérer.