Une étude australienne souligne les risques « probablement cancérogènes » de la cigarette électronique.
Le professeur Stewart indique qu’ »il ne fait aucun doute que les cellules et les tissus de la cavité buccale, de la bouche et des poumons subissent des altérations dues à l’inhalation de vapeur provenant des cigarettes électroniques ». En Belgique, près d’un jeune sur six vapote, et un parent témoigne : « Il vapote partout, tout le temps. Dans sa chambre, dans le salon, dans le parc avec ses copains… Ça ne sent presque rien. Voire, ça sent bon. »
Le professeur Stewart souligne que « il ne fait aucun doute que les cellules et les tissus de la cavité buccale, de la bouche et des poumons subissent des altérations dues à l’inhalation de vapeur provenant des cigarettes électroniques ».
Bien que cette étude ne fournisse pas une perspective à long terme sur les conséquences du vapotage, l’auteur principal déclare : « Nous sommes en mesure de conclure que, chez l’être humain, le vapotage entraîne des modifications précancéreuses incontestables. »
### Sur quoi repose cette étude ?
Plusieurs catégories de données ont été examinées par les chercheurs. Tout d’abord, certaines études sur l’être humain montrent des biomarqueurs associés à des lésions de l’ADN, du stress oxydatif et de l’inflammation, des processus impliqués dans le développement du cancer.
Des expériences sur des animaux ont également été considérées. Des études sur des souris exposées aux aérosols de cigarettes électroniques ont révélé l’apparition de tumeurs pulmonaires.
De plus, des analyses en laboratoire indiquent que les liquides et aérosols contiennent des substances cancérogènes, telles que des composés organiques volatils et des métaux provenant des dispositifs.
Dans certains cas, des rapports cliniques révèlent également des cancers agressifs chez de jeunes vapoteurs n’ayant pas de facteurs de risque classiques.
### En France, l’alerte également donnée face au vapotage
En février dernier, l’Anses (l’agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) publiait sur son site une évaluation des risques liés au vapotage et précisait que « l’absence de combustion n’empêche pas la présence d’aldéhydes dans les émissions du vapotage, et que l’inhalation de ces substances présente un risque sanitaire pour le vapoteur ». Les aldéhydes (comme l’acétaldéhyde, l’acroléine, le formaldéhyde, le furfural, le glyoxal et le propionaldéhyde) sont reconnus pour leurs effets toxiques, notamment cancérogènes, et demeurent présents dans les émissions des produits du vapotage.
Les conclusions de cette expertise française étaient claires : le vapotage est associé à des effets cardiovasculaires probables – notamment une augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle en raison de la nicotine – ainsi qu’à des effets respiratoires possibles. L’agence mentionne aussi des mécanismes biologiques susceptibles de favoriser certains cancers, qualifiés « d’effets cancérogènes possibles ».
En Belgique, près d’un jeune sur six vapote. Le geste est devenu si courant qu’il semble inoffensif. Une mère bruxelloise d’un adolescent de 14 ans adepte de l’e-cigarette déclare : « Il vapote partout, tout le temps. Dans sa chambre, dans le salon, dans le parc avec ses copains… Ça ne sent presque rien. Voire, ça sent bon. Du coup, on a l’impression que ce n’est pas grave. »
### Appel à la vigilance envers les cigarettes électroniques illégales
### Quid du vapotage comme moyen de sevrage ?
Les conséquences à long terme du vapotage ne sont pas encore spécifiquement étudiées en raison du manque de données, mais aussi parce que de nombreux adultes adeptes de la vapoteuse sont soit d’anciens fumeurs, soit continuent de fumer des cigarettes. Cela complique l’analyse concernant les répercussions précises et distinctes de l’usage de la vapoteuse.
Le vapotage est souvent perçu comme un moyen d’arrêter de fumer. Cependant, les auteurs de cette étude remettent en question cette idée. Ils estiment que, compte tenu des risques (notamment cancérogènes), le vapotage ne devrait pas être recommandé comme outil de sevrage, sauf en ultime recours après l’utilisation de substituts nicotiniques tels que des patchs ou des gommes à mâcher.
### En Belgique, le ministre de la Santé vent debout contre les arômes dans les e-cigarettes
En Belgique, la question des e-cigarettes et leurs arômes interpelle déjà le ministre fédéral de la Santé. Frank Vandenbroucke (Vooruit) prévoit d’interdire tous les arômes pour cigarettes électroniques, à l’exception de celui au tabac. Il propose prochainement une telle interdiction au gouvernement.
Le socialiste flamand s’appuie sur un rapport du Conseil supérieur de la santé, déclarant que « La cigarette électronique est l’invention d’une industrie criminelle qui cherche à rendre une nouvelle génération d’enfants accros à la nicotine. Les innombrables saveurs camouflent la nocivité considérable que représente ce produit. »
Le secteur de la vape avait alors réagi, expliquant qu’une telle politique risquait de détourner les consommateurs vers le marché noir et des produits non réglementés.
Pour Frank Vandenbroucke, la législation européenne est trop floue en ce qui concerne les vapoteuses alors que, sur le marché légal, près de 2000 ingrédients différents sont déclarés officiellement dans les e-cigarettes.
Le Conseil supérieur de la santé (CSS) souhaite également une réduction drastique des arômes autorisés sur le marché. Dans son rapport, il stipule que « même si les risques à court terme de la cigarette électronique semblent actuellement moindres que ceux liés à la cigarette classique, il existe désormais suffisamment de preuves que les vapoteurs sont plus exposés à diverses maladies pulmonaires graves, dont la BPCO ». La BPCO est une maladie respiratoire chronique caractérisée par une obstruction progressive des voies aériennes, souvent causée par le tabagisme.
Le CSS désire par ailleurs que les e-cigarettes et les produits associés soient soumis aux mêmes réglementations que les cigarettes, incluant « des emballages neutres, une extension des messages d’avertissement et une interdiction des e-liquides à faire soi-même ».

