Belgique

Un « super El Niño » prévu pour l’été 2026

Les alizés, vents soufflant vers l’ouest, poussent les eaux de surface chaudes vers l’Asie, permettant aux eaux froides de remonter le long des côtes américaines. Plusieurs modèles météorologiques annoncent, à partir de cet été, et surtout en automne, un « super El Niño » comparable à celui de 2016.


En temps normal, les alizés, vents soufflant vers l’ouest, déplacent les eaux chaudes de surface vers l’Asie, permettant aux eaux froides de remonter le long des côtes américaines. Cependant, durant un épisode El Niño, ces vents faiblissent fortement et perturbent le cycle naturel de transfert de chaleur.

Ce ralentissement engendre un déplacement des masses d’eau chaude vers l’est, bloquant la remontée des eaux froides près de l’Amérique et modifiant ainsi la répartition thermique des océans. Ce dérèglement impacte de façon significative les précipitations et les courants atmosphériques à l’échelle mondiale.

Plusieurs modèles météorologiques observent des signaux de température globale associés à l’oscillation entre El Niño (phase chaude) et La Niña (phase froide) et prévoient, à partir de cet été et surtout à l’automne, un « super El Niño » comparable à celui de 2016. Ce phénomène pourrait entraîner des anomalies de température océaniques supérieures à 2 °C, avec un nouvel épisode record, selon le climatologue Xavier Fettweis de l’ULiège.

Ce phénomène devrait principalement affecter le climat en Australie, où l’été prochain risque d’être particulièrement chaud et sec. En revanche, en Belgique, il n’y a pas d’impact direct immédiat, à l’exception d’une tendance générale à la hausse des températures globales. Toutefois, si El Niño persiste jusqu’à l’hiver, il pourrait renforcer la dynamique atmosphérique dans l’Atlantique Nord, entraînant des hivers plutôt doux et humides chez nous.

Bien que le début de cet épisode climatique soit attendu cet été, il faudra près d’un an pour que son signal se propage à l’échelle mondiale. Concernant ce « super événement », le pic des anomalies de température ne devrait être atteint qu’en 2027, explique Xavier Fettweis.

>>> Découvrez l’interview de Xavier Fettweis, climatologue à l’ULiège, ci-dessus ou dans l’émission « Quel Temps pour la Planète » de ce lundi 13 avril 2026 sur RTBF Auvio.