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Un soir, un film : ‘Train Dreams’, portrait sensible des bûcherons.

« Train Dreams » est l’adaptation du roman du même nom de Denis Johnson, un auteur américain décédé en 2017 à 67 ans. L’action de « Train Dreams » se déroule au début du XXe siècle et nous emmène dans l’univers des bûcherons.


« Train Dreams » est l’adaptation du roman du même nom de Denis Johnson, un auteur américain décédé en 2017 à 67 ans, qui reste une figure importante du monde littéraire aux États-Unis. Un de ses romans, « Arbre de fumée », a remporté le prestigieux National Book Award.

L’action de « Train Dreams » se déroule au début du XXe siècle et plonge dans l’univers des bûcherons. Robert Grainier est un homme solitaire et nomade qui exerce son métier là où il trouve du travail. Lors de l’érection d’une voie de chemin de fer, il est marqué à vie par l’exécution d’un de ses collègues asiatiques, jeté sommairement du haut d’un pont. Robert va trouver l’apaisement auprès d’une jeune femme, Gladys, avec qui il va fonder un foyer, loin du tumulte du monde, un foyer qu’il doit quitter malheureusement régulièrement pour exercer son métier dans les bois.

Cette adaptation à l’écran met en avant plusieurs talents pour en faire une vraie réussite. Il faut d’abord mentionner l’acteur australien Joel Edgerton, qui a récemment reçu une nomination aux Golden Globes pour ce rôle principal. À 51 ans, Edgerton n’est pas encore une star, mais son talent est de plus en plus recherché à Hollywood. Dans le rôle de Robert Grainier, sa présence naturelle à l’écran est incontestée.

Pour le rôle de son épouse Gladys, on retrouve l’actrice anglaise Felicity Jones, qui fait des choix judicieux, ayant été vue l’an dernier comme l’épouse de l’architecte hongrois incarné par Adrian Brody dans « The Brutalist ».

Derrière la caméra, Clint Bentley, déjà repéré avec un film de prison intéressant intitulé « Sing Sing ». Pour information, Bentley et son directeur photo souhaitaient filmer cette histoire sur pellicule, mais avec seulement 29 jours de tournage à leur disposition, ils ont dû tourner en numérique, une technique évidemment plus rapide.

Malgré ce tournage rapide, le résultat est assez envoûtant : on a rarement approché le monde rude des bûcherons avec autant de sensibilité et de poésie.

La voix off, qui rappelle l’origine romanesque du récit, est également très harmonieuse. En bonus, la chanson du générique de fin, interprétée par Nick Cave, a également obtenu une nomination aux Golden Globes.

Le seul regret lors du visionnage de « Train Dreams », c’est de ne pas découvrir ce beau film au cinéma, puisqu’il fait partie du catalogue de Netflix. Avec la perspective du rachat du studio Warner par Netflix, les cinéphiles du monde entier s’inquiètent pour l’avenir du cinéma en salles.