Un policier fait la grève de la faim pour dénoncer sa hiérarchie : “Il faut que les pommes pourries s’en aillent, pas moi »

Cette semaine, l’hebdomadaire Moustique révèle qu’Eric Claessens, un inspecteur de police bruxellois, a commencé une grève de la faim la semaine dernière. La cause ? Il a reçu un avis préliminaire pour être révoqué de la police. Si la procédure aboutit, il ne pourra pas bénéficier de sa pension. Avec cette grève de la faim, Eric Claessens veut dénoncer le comportement de sa hiérarchie. Il raconte ce qui lui a coûté sa carrière, lors d’une patrouille : « On tombe sur un individu éméché qui urine sur la façade de l’Ancienne Belgique. On l’interpelle, on lui met les menottes. Tout va bien. Des collègues plus anciens décident d’amener l’individu à l’abri des regards dans la station de métro d’à côté, où la police dispose d’un local. »

Suite à cette interpellation, l’individu est roué de coups par les collègues d’Eric Claessens. Celui-ci prévient son supérieur hiérarchique qui lui répond : « Ce qui se fait en bas reste en bas. Tu fermes ta gueule sinon tu vas avoir des problèmes. » Eric écrit quand même un rapport pour dénoncer ces actes : « Je deviens alors la bête noire de mon chef et d’un nombre important de mes collègues. Je m’en rends compte assez rapidement. Alors que j’effectue une intervention face à un colosse ivre, quai numéro 2 à la gare du Nord, j’appelle du renfort par radio. Aucun de mes collègues de l’unité ne vient. Personne. Pendant 10 minutes.« 

Suite à cette opération, Eric subit une lourde blessure au dos. Pendant sa rééducation, il est auditionné par le contrôle interne. Il évoque un commissariat à Rogier où les pratiques de violences policières sont nombreuses : « Les pommes pourries qui s’adonnaient à ce genre de pratiques sont toujours là. Il y a eu des éléments qui ont été punis mais ils ont réintégré l’unité. »

Un collègue à lui le prévient : « Fais attention à toi. Il y a des gens qui voudraient te faire la peau. » La suite, on la connaît.

Aujourd’hui, Eric veut aller au bout de sa grève : « Il faut que les pommes pourries s’en aillent. Pas moi. »

L’enquête est à lire en intégralité dans le journal Moustique.