Belgique

« Un logement à quel prix ? : conseils au call center »

Des centaines de personnes ont appelé le call center mis en place pour l’opération « Parlons Solutions – Un logement, à quel prix ?! ». À Bruxelles, les PEB F et G seront interdits en 2033, et la Région bruxelloise a prévu d’interdire les biens immobiliers qui consomment plus de 275 kWh par m² par an.


Des centaines de personnes ont contacté le call center dédié à l’opération « Parlons Solutions – Un logement, à quel prix ? ». Selon la thématique de leur appel, elles ont été mises en relation avec divers experts. Ces professionnels étaient disponibles pour répondre aux questions concernant les travaux de rénovation, la performance énergétique des bâtiments ou les normes à respecter. D’autres experts étaient là pour conseiller locataires, propriétaires, et candidats à l’achat ou à la revente d’un bien immobilier.

### PEB, primes à la rénovation : énormément de questions

Cette thématique a généré beaucoup d’appels au call center. « Nous recevons de nombreuses questions sur les travaux d’isolation à réaliser. Dans quel ordre faut-il les effectuer ? », explique un représentant de Testachats. De nombreux propriétaires cherchent à améliorer le PEB de leur bien. Les réponses varient selon chaque situation, mais un point commun émerge : il est conseillé de commencer par réduire les besoins de chauffage en améliorant l’isolation de la toiture ou en remplaçant les anciens châssis par des modèles plus performants, avant de s’intéresser aux systèmes de chauffage.

Les préoccupations à long terme sont également fréquentes. À Bruxelles, par exemple, les PEB de classe F et G seront interdits d’ici 2033. Les logements énergétiquement inefficients ne seront plus autorisés dans la capitale. Pour cela, la Région bruxelloise a prévu d’interdire les biens immobiliers consommant plus de 275 kWh par m² par an. Beaucoup de personnes ont contacté le call center pour relater qu’elles avaient commencé ou envisageaient des travaux, mais se heurtaient à un obstacle majeur : l’absence de gouvernement en 2025 remet en question les primes dont elles comptaient bénéficier. « Certaines personnes se trouvent bloquées dans leur parcours de rénovation en raison de l’absence de primes en 2025 », indique un interlocuteur. Testachats rapporte le cas d’une famille à revenu modeste ayant acheté une maison avec un mauvais PEB, un PEB G, en espérant bénéficier des aides à la rénovation. « Actuellement, le chantier est en suspens, car la famille ne peut plus financer les travaux », précise-t-on. Bien qu’il existe des prêts avantageux, cela ne constitue pas toujours une solution, surtout si l’emprunteur n’a pas la capacité de s’endetter.

Cette situation se retrouve également dans les copropriétés. Un exemple concerne un immeuble en Région bruxelloise où des copropriétaires ont mis du temps à s’accorder sur les travaux de rénovation énergétique. Pendant ce temps, les primes ont été gelées, en raison de l’absence de gouvernement bruxellois. Désormais, les factures sont arrivées, et certains copropriétaires se retrouvent en difficulté, devant payer plus que prévu.

Le manque de clarté concernant les aides à la rénovation est soulevé par de nombreuses personnes ayant contacté le call center. Ce problème se pose tant à Bruxelles, où l’on attend des éclaircissements sur la politique du nouveau gouvernement, qu’en Région wallonne, où les changements fréquents dans les politiques déstabilisent les propriétaires. Des questions concernant les nouvelles règles pour les chaudières au mazout sont également posées.

« Nous recevons aussi beaucoup de questions concernant les droits à la Prime Habitation, la prime pour la rénovation du logement », souligne un représentant du SPW Logement. Pour l’instant, il est encore possible de demander cette prime, à condition que les travaux soient terminés et facturés avant la fin de septembre 2026. Cependant, il est difficile d’apporter des réponses rassurantes aux appelants car, à partir du 1er octobre 2026, de nouvelles règles entreront en vigueur, mais les détails demeurent flous. « Les gens souhaitent des réponses précises », confirme-t-on au SPW Logement.

### Accès au logement, droits des locataires

Les interactions entre locataires et propriétaires soulèvent également de nombreuses questions.

Les locataires s’interrogent principalement sur les conséquences d’un changement de propriétaire pour le logement occupé. Le Syndicat des locataires a reçu plusieurs appels concernant les montants des loyers. « Les loyers sont souvent difficiles à payer et les gens veulent savoir ce qu’ils peuvent faire », indique un interlocuteur. Peut-on qualifier un loyer d’abusif à Bruxelles, où une grille des loyers existe pour chaque quartier ? Si le loyer dépasse de 20 % le montant recommandé pour un logement aux caractéristiques similaires, il peut être jugé abusif, sauf si le propriétaire justifie ce montant par des raisons objectives, comme un équipement de qualité supérieure. En Wallonie, la grille des loyers est indicative.

D’autres locataires s’interrogent quant à l’état du bien loué. Quels travaux peuvent-ils demander au propriétaire ? Certains redoutent d’être expulsés s’ils exigent trop de leur propriétaire. « Le risque demeure élevé si l’on insiste », constate le Syndicat des locataires, qui conseille de continuer à payer régulièrement son loyer si l’on envisage de solliciter des travaux.

Des interrogations sont également soulevées concernant le montant des loyers pour les logements sociaux, selon le Médiateur wallon. Certains locataires ont vu leur loyer passer d’environ 500 euros à plus de 900 euros. Il s’agit alors d’expliquer et de vérifier si la situation de la personne qui appelle est normale. En Wallonie, il a été décidé que les loyers doivent prendre en compte les revenus imposables du ménage ainsi que la valeur locative normale du logement, c’est-à-dire le loyer qui serait attendu sur le marché privé. En conséquence, un loyer peut être revu à la hausse si les revenus sont suffisamment élevés.

D’autres questions concernent l’absence de bail. « Un bail oral est légal, mais précaire », répond le Médiateur wallon.

Les locataires se posent aussi des questions sur l’état des lieux d’entrée et de sortie. Comment le réaliser ? Quels points doivent être surveillés ? Comment évaluer les dommages éventuels pour lesquels le propriétaire pourrait exiger de conserver tout ou partie de la garantie locative ? En Région wallonne, une grille indicative de vétusté des logements aide à évaluer l’état d’un équipement selon son âge et sa durée de vie, permettant ainsi de distinguer l’usure normale d’une dégradation, et de savoir, par exemple, à quel moment il est normal qu’une moquette soit usée.

### Les droits des propriétaires

Si les locataires posent des questions sur les implications du bail qu’ils entretiennent avec les propriétaires, ces derniers ont aussi leurs interrogations. « Une personne a appelé pour demander comment procéder vis-à-vis d’un locataire ayant plus de 10 mois d’arriérés. Elle souhaitait savoir que faire », rapporte un interlocuteur du Syndicat des propriétaires.

Des questions sont également posées au sujet des dommages constatés lors de l’état des lieux de sortie, notamment sur la manière de résoudre un désaccord entre propriétaire et locataire concernant le montant des travaux de réhabilitation nécessaires.

Par ailleurs, comme déjà mentionné, des propriétaires s’interrogent sur les travaux qu’ils peuvent réaliser lorsque le locataire occupe le bien. Un propriétaire a, par exemple, demandé comment procéder pour effectuer des travaux d’isolation et de rénovation visant à améliorer les performances énergétiques de son logement occupé. Ces préoccupations nécessitent des réponses précises.

Enfin, certains propriétaires se questionnent également sur les charges qu’ils doivent assumer et celles pouvant être attribuées au locataire, ainsi que sur l’indexation des loyers.