Belgique

Un jour, une carte : l’OTAN sous Trump, un « Pacte de Varsovie » ?

Gilles Gressani affirme que Donald Trump est en train de chambouler l’ordre mondial en considérant l’OTAN comme un outil de puissance dominé par un leader. Le Pacte de Varsovie, créé en 1955 par l’Union soviétique, a duré jusqu’en 1991, tandis que l’OTAN a été fondée avant cette date.


C’est notamment la thèse défendue par l’essayiste français Gilles Gressani. Selon lui, Donald Trump est en train de bouleverser l’ordre mondial. Dans son esprit, l’OTAN n’est plus un club de partenaires égaux, mais un outil de puissance, dominé par un leader qui impose sa loi… comme à l’époque du Pacte de Varsovie.

### Petit rappel historique

Le Pacte de Varsovie est une alliance militaire créée par l’Union soviétique en 1955, en pleine guerre froide. À cette époque, l’OTAN existe déjà. Cependant, lorsque l’Allemagne de l’Ouest décide de rejoindre l’OTAN, l’Union soviétique réagit violemment. Sa réponse est immédiate : créer son propre bloc militaire.

L’URSS signe donc un pacte avec sept pays d’Europe centrale et orientale : Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie et Albanie. L’Albanie quittera l’alliance en 1968, mais le Pacte, lui, durera jusqu’en 1991.

Pendant près de 40 ans, la carte de l’Europe est divisée en deux. À l’Ouest, l’OTAN. À l’Est, le Pacte de Varsovie. Deux blocs. Et un face-à-face permanent.

### Une alliance de façade

Contrairement à l’OTAN, le Pacte de Varsovie n’est pas une alliance classique. C’est une alliance de façade. Moscou décide, les autres exécutent. Les pays membres ont un drapeau, une armée, un gouvernement. Mais leur souveraineté est soumise à condition. Ils doivent s’aligner sur l’URSS, tant politiquement que militairement. Et lorsque qu’un pays tente de s’émanciper, la réponse est la force.

L’URSS a ainsi attaqué deux de ses alliés communistes. En Hongrie, en 1956, lorsque le gouvernement hongrois annonce son intention de sortir du Pacte de Varsovie, les chars soviétiques entrent à Budapest, écrasent l’insurrection et rétablissent un régime fidèle à Moscou.

Un scénario similaire se produit en Tchécoslovaquie, en 1968, lors du Printemps de Prague. Là encore, les chars soviétiques déferlent. Les réformes visant à instaurer un socialisme plus libre sont immédiatement stoppées.

### Une comparaison excessive ?

Bien sûr, l’OTAN d’aujourd’hui n’est pas le Pacte de Varsovie. Aucun pays n’y est contraint par la force. L’Alliance repose sur des principes démocratiques. Donald Trump n’envoie pas de chars… en tout cas, pas pour l’instant.

Cependant, lorsqu’il lorgne sur le Groenland, qu’il menace de ne plus défendre certains alliés, qu’il affirme en substance : « si vous voulez notre protection, alors payez et obéissez », on retrouve la même logique de rapport de force.

C’est là que l’histoire peut servir de leçon. Une alliance fondée sur la contrainte finit toujours par se fissurer. La confiance disparaît. Les partenaires prennent leurs distances. Cela a été le cas à la fin des années 80. Le Pacte de Varsovie s’est effondré. Peu de temps après, l’Union soviétique elle-même a disparu.

Actuellement, l’OTAN est toujours en place, mais elle traverse une crise de confiance majeure. Les États-Unis feraient peut-être bien de méditer sur les leçons du passé.