Belgique

Un jour, une carte : augmentation des engrais menace crise alimentaire.

30% de nos besoins pour l’agriculture mondiale passent par le détroit d’Ormuz, qui est fermé et toujours sous la menace des armes iraniennes. L’Europe a besoin d’environ un quart (23%) des engrais produits dans le monde.


Si certains pensent que l’arrivée de l’été permettra de réduire le coût du chauffage pour le gaz et le mazout, la situation est différente pour les fertilisants et les engrais. Prenons, par exemple, l’ammoniac et l’urée : ces substances sont essentielles à l’agriculture, où les préparatifs pour les semis de printemps et les récoltes d’été sont déjà en cours.

Cependant, un problème majeur persiste : 30 % des besoins en agriculture mondiale transitent par le détroit d’Ormuz, qui demeure soit fermé, soit parfois ouvert, et est toujours sous la menace des armes iraniennes.

### Double crise

L’ammoniac est utilisé pour produire de l’azote, un élément clé des fertilisants pour les plantes. L’urée, quant à elle, est l’engrais le plus répandu au monde. On la trouve dans le fumier et le purin des animaux (les jardiniers amateurs diront que « Petit pipi dans l’arrosoir est bon pour le potager »), mais pour l’agriculture industrielle, des quantités bien plus importantes sont nécessaires. De plus, un autre obstacle se présente : pour transformer l’ammoniac et l’urée en engrais, il faut du gaz, qui provient lui aussi d’une région en conflit depuis un mois.

### Forte hausse des prix

À l’image du pétrole et du gaz, les prix de référence des engrais ont récemment connu une forte augmentation, atteignant près de 50 %. Cette situation est fluctuante, mais la demande reste soutenue. En effet, nous sommes en pleine période des semis de printemps et les spéculateurs prévoient des hausses de besoins pour la croissance des plantes.

Deux pays interrogés sont particulièrement inquiets : le Brésil et l’Inde, qui risquent de voir leur production agricole fortement diminuer lors des récoltes, ce qui entraîne une alerte sur la pénurie alimentaire.

### L’histoire se répète

Ce n’est pas la première fois que les engrais sont affectés par une crise ou une guerre. L’histoire a tendance à se répéter. En 2022, lors de la guerre en Ukraine, le gaz russe était converti en engrais en Ukraine, alors que les navires du pays étaient bloqués en mer Noire par la flotte de Vladimir Poutine.

La vigilance est essentielle en Europe, car notre continent dépend d’environ un quart (23 %) des engrais produits dans le monde. Malheureusement, la situation est problématique, car cette nouvelle crise survient alors que l’Europe avait récemment commencé à réduire sa dépendance au gaz et aux engrais russes, passant de 40 % à environ 10 %.

Il y a six mois, l’Europe avait instauré une surtaxe sur les fertilisants azotés en provenance de Russie, mesure qui demeure en vigueur. En revanche, l’Europe a décidé de suspendre pour un an tous les droits de douane sur les importations d’engrais en provenance d’autres pays.