Un hôtel bruxellois ne propose plus d’alcool au bar, une première.
Le Jill Hotel Brussels, situé en face de la gare du Midi à Saint-Gilles, a été ouvert il y a un an par Aïcha Javed et Talia Butt. En octobre de l’année dernière, elles ont lancé un projet test de boissons zéro alcool, incluant mocktails et jus détox, en réponse à une demande croissante de la clientèle pour des alternatives à l’alcool.
Le Jill Hotel Brussels est situé en face de la gare du Midi à Saint-Gilles. Ses propriétaires, Aïcha Javed et Talia Butt, ont ouvert l’établissement il y a un an. Au départ, elles proposaient de l’alcool au bar, mais cette offre ne rencontrait pas un grand succès. Aïcha Javed explique : « Il y avait cette frustration de notre clientèle qui demande des boissons premium sans alcool et qui se trouvaient devant une offre qui était assez limitée à l’époque. Parce qu’on proposait uniquement les softs qui, pour des clients, étaient beaucoup trop sucrés. »
En octobre de l’année dernière, elles lancent donc un projet zéro alcool sous forme de test. Elles y proposent des mocktails, des jus détox et des softs avec des recettes originales, en mettant l’accent sur des produits locaux provenant de brasseries ou d’artisans belges.
Un succès immédiat
Trois mois plus tard, elles constatent une augmentation significative de la consommation de boissons au bar : « Un client d’affaires (ce qui représente 80% de notre clientèle) qui vient après toute une journée de travail, ne cherche pas d’office un verre de bière avant de dormir. Il cherche des alternatives qui sont beaucoup plus légères. Et on observe aujourd’hui un vrai changement dans les habitudes de consommation de clients. »
Bien que les clients aient la possibilité d’acheter une bière avec alcool via un distributeur mis à leur disposition, très peu l’utilisent, ce qui prouve qu’il existe une demande pour d’autres expériences gustatives et un sentiment de bien-être. Aïcha Javed ajoute : « De plus en plus de clients demandent des alternatives à l’alcool parce qu’ils ne veulent plus associer le divertissement et l’alcool. On apprend aujourd’hui qu’on peut savourer autrement, qu’on peut célébrer autrement. On peut aussi prendre le volant après une soirée bien festive. Donc c’est dans cette idéologie-là et aussi l’idéologie de bien-être qu’on a développé cette carte zéro alcool. » Les deux jeunes femmes envisagent d’élargir ce concept dans les mois à venir.
Un concept qui n’est pas nouveau mais qui prend de l’ampleur
Le concept de « no low alcohol » n’est pas nouveau, mais il prend de l’ampleur depuis environ un an. La grande majorité des hôtels à Bruxelles l’ont compris : « La grande majorité des hôtels à Bruxelles, pour ne pas dire tous, continuent de développer leur offre, » témoigne Rodolphe Van Weyenbergh, Secrétaire Général de la Brussels Hotel Association (BHA), sans pour autant abandonner complètement l’alcool.
» C’est plus qu’une tendance, c’est une évolution des habitudes de consommation. Et, il y a aussi une plus grande diversité de produits, et donc de boissons non alcoolisées. Les hôtels s’inscrivent évidemment dans cette évolution parce qu’il y a une demande du consommateur. Cela permet d’augmenter le taux de satisfaction de la clientèle au même titre que le sans gluten ou le sans lactose au petit-déjeuner, qui aujourd’hui sont proposés dans tous les hôtels, » ajoute-t-il.
Hôtels, bars, discothèques et même salons de thé
Les hôtels ne sont pas les seuls à s’adapter à cette nouvelle demande. Bars, brasseries, discothèques, etc., modifient également leur carte. Chez Kage, une maison de thé située dans le centre de Bruxelles, le patron propose déjà des mocktails sophistiqués à base de thés.
De nouvelles saveurs qui rencontrent aujourd’hui un certain succès chez les jeunes : « La nouvelle génération, je dirais, entre 20 et 25 ans, consomme beaucoup moins d’alcool que des gens, par exemple, de 35 ans. Donc la demande, elle commence à se faire. Je pense qu’il y a encore du chemin, mais la demande est là, clairement, » raconte Boupinh Lam.
« Les gens recherchent autre chose aujourd’hui. Même si c’est vrai que si on va dans un restaurant classique, on va encore trouver les softs habituels. Mais si on propose quelque chose d’un peu plus original, ils vont sûrement aller vers ça, » assure-t-il.
Aujourd’hui, Boupinh Lam vend 40% de mocktails contre 60% de cocktails, mais il constate : « on voit que ça monte année après année. » Preuve de ce succès, il prévoit d’ouvrir un autre lieu spécialisé dans le non-alcool d’ici un mois ou deux.

