Un ex-pilote raconte sa survie après avoir été abattu.
Un ancien pilote de l’armée de l’air américaine a décrit à l’AFP les étapes cruciales à suivre pour survivre après un parachutage en territoire ennemi, notamment la vérification des blessures et la recherche d’eau. Scott O’Grady, dont le F-16 a été abattu en 1995, a réussi à se cacher dans des broussailles pendant six jours avant d’être secouru par un commando de marines.
Vérifier d’éventuelles blessures, se cacher, trouver de l’eau : un ancien pilote de l’armée de l’air américaine a expliqué à l’AFP comment survivre après un parachutage en territoire ennemi, alors qu’un militaire américain est toujours porté disparu vendredi après que son avion a été abattu au-dessus de l’Iran.
« Imaginez : vous venez d’atterrir sur le sol après avoir sauté en parachute, et vous vous dites : + Mon Dieu, j’étais dans un chasseur il y a deux minutes, je volais à 800 km/h, et un missile vient d’exploser littéralement à 5 mètres de ma tête », raconte Houston Cantwell.
Avant de mener des missions de combat au-dessus de l’Irak et de l’Afghanistan, ce général de brigade à la retraite a été formé pour faire face à une telle situation, probablement comme l’aviateur du F-15E qui s’est éjecté de son appareil au-dessus du sud-ouest de l’Iran.
D’abord, le pilote doit vérifier s’il n’a pas subi de blessures à cause du tir, du siège éjectable ou lors de l’atterrissage. « Il existe de nombreux récits de survivants du Vietnam qui ont subi de graves blessures, des fractures ouvertes, rien que du fait de l’éjection », explique-t-il.
« S’il vous est possible de bouger, il faut alors comprendre où l’on se trouve. » Se repérer lors de la descente en parachute est crucial, souligne ce pilote à la retraite, notamment pour éviter de se retrouver dans une base militaire ennemie.
À partir de là, « ce que vous cherchez à faire, c’est d’éviter d’être capturé par l’ennemi, le plus longtemps possible, » et donc se cacher en attendant un potentiel sauvetage.
Se déplacer de nuit
Lors d’une éjection d’urgence, un pilote dispose de peu d’équipements : « de l’eau, du matériel de survie, du matériel de communication, une radio » pour faciliter sa localisation, détaille l’ex-pilote, aujourd’hui expert au Mitchell Institute for Aerospace Studies.
Il précisa qu’alors qu’il volait dans un F-16, il était armé. En cas de besoin de dissimulation, avoir de l’eau est essentiel, car « vous pouvez survivre sans nourriture pendant un moment, mais vous avez besoin d’eau tous les jours », rappelle Houston Cantwell à l’AFP.
Il est également important de se placer dans un endroit accessible pour que les forces de sauvetage puissent vous exfiltrer. En milieu urbain, monter sur un toit. Dans la nature, trouver une clairière pour qu’un hélicoptère puisse atterrir.
« Et si je bouge, je vais essayer de le faire de nuit » pour éviter d’être repéré, conseille l’ancien pilote. Lors d’opérations militaires comme celle en Iran, il assure que chaque branche de l’armée américaine maintient en alerte des unités spécialisées pour exfiltrer des pilotes en territoire ennemi.
En tant que pilote, cela « vous donne une immense tranquillité d’esprit, parce que vous savez qu’ils feront tout ce qu’ils peuvent pour venir vous récupérer », déclare-t-il.
Un survivant en ex-Yougoslavie
Lorsque les hélicoptères sont en route, la vigilance est maximale : « Ceux armés de fusils cherchent des menaces, les pilotes cherchent un endroit où atterrir », explique Scott Fales, un ancien militaire américain qui a participé à l’opération « Black Hawk Down », lorsque deux hélicoptères américains ont été abattus et 18 soldats tués, en 1993 en Somalie.
Une fois l’aviateur localisé, l’équipe se pose toute une série de questions : « À quel genre de menace immédiate sommes-nous exposés ? De combien de temps disposons-nous pour évacuer cette personne ? Quelles blessures présente-t-elle ? »
Ce scénario extrême de survie en milieu hostile, c’est ce qui est arrivé à Scott O’Grady en 1995. Son F-16, abattu par les Serbes de Bosnie, l’a contraint à se parachuter, réussissant à se cacher dans une zone de broussailles. « J’ai mis mon visage dans la boue et j’ai mis des feuilles d’arbres sur mes oreilles, priant pour qu’ils ne me retrouvent pas », avait confié le capitaine O’Grady par la suite.
Pour s’hydrater, il utilisait une éponge pour recueillir l’humidité, se nourrissant d’herbe et de fourmis. Après six jours d’isolement, un commando héliporté d’une quarantaine de marines a réussi à le retrouver, protégé par un brouillard matinal. Sauvé, il a été salué en héros quelques jours plus tard à la Maison Blanche.

