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Un « déclin remarquable » de la démocratie : l’administration Trump critiquée pour sa transformation de l’État.

La démocratie américaine a connu un « déclin remarquable » de ses institutions, une chute qui n’a jamais été observée dans les autres démocraties libérales depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2026, les interventions des agents du service de l’immigration et des douanes à Minneapolis sont invasives et violentes, causant des soulèvements populaires.


La démocratie américaine est en grave péril face à l’autoritarisme. Plusieurs experts émettent ce constat depuis des années, mais la semaine dernière, le groupe d’experts The Century Foundation a renforcé cette affirmation avec un nouveau baromètre de la démocratie. Ce nouvel aperçu révèle que la solidité de la démocratie américaine a chuté de manière significative entre 2024 et 2025.

Les rédacteurs du rapport soulignent un « déclin remarquable » des institutions démocratiques, un phénomène qui se produit généralement après un coup d’État. De plus, une telle dégradation n’a jamais été observée dans d’autres démocraties libérales depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les auteurs du rapport mettent en avant l' »aile droite » de la politique américaine, accusée de vouloir « transformer l’État de l’intérieur« . En effet, Donald Trump et son entourage soutiennent la théorie de l’exécutif unitaire, une interprétation de la Constitution qui renforcerait considérablement le pouvoir présidentiel, au détriment de la séparation des pouvoirs, un principe fondamental des démocraties modernes.

Le rapport note que les institutions judiciaires et législatives américaines, déjà affaiblies en 2024, parviennent de moins en moins à freiner les actions du pouvoir exécutif. La Cour suprême et le Congrès, majoritairement républicains, sont largement favorables à l’administration Trump, lui permettant d’implémenter des changements radicaux au sein du pays. Les auteurs évoquent un « effondrement sans précédent de la loi et de l’ordre constitutionnel aux États-Unis« .

L’étude révèle également une pression croissante sur les médias. Même si ces derniers restent indépendants, beaucoup traversent une crise financière sérieuse et font preuve d’une résilience limitée. Plus inquiétant encore, le rapport souligne un environnement de plus en plus hostile à la liberté d’expression.

Les institutions académiques américaines ont particulièrement souffert sous l’administration Trump, qui a, par exemple, drastiquement réduit les financements accordés à Harvard. Les campus de cette prestigieuse université avaient déjà été le théâtre de manifestations étudiantes critiquant le soutien du gouvernement américain à la politique israélienne dans la bande de Gaza.

Les droits des populations migrantes sont également gravement menacés. Cette tendance s’est intensifiée en 2026, avec des interventions des agents du service de l’immigration et des douanes à Minneapolis décrites comme invasives et violentes, provoquant des soulèvements populaires.

Cependant, la « société civile » américaine—comprenant divers groupes, associations et institutions non gouvernementales—pourrait encore inverser cette situation. Selon l’étude, la tradition politique américaine, caractérisée par l’initiative individuelle, la diversité des opinions et un système électoral décentralisé qui demeure solide, pourrait ralentir le virage autoritaire amorcé par la Maison-Blanche.