Belgique

Un conducteur sur trois contrôlé positif à deux drogues.

Le nombre de personnes surprises au volant sous l’influence de deux drogues a presque doublé en l’espace de cinq ans, passant à 30% des échantillons en 2020 où il était d’environ 15 à 20%. En moyenne, 36 périodes sont identifiées chaque jour comme positives à une substance illicite au volant de leur véhicule.


En cette période de fêtes, les contrôles d’alcoolémie sont intensifiés, tout comme les vérifications liées à la consommation de drogue, nécessitant des échantillons. Les résultats sont préoccupants.

Au cours des cinq dernières années, le nombre de conducteurs contrôlés sous l’influence de deux drogues a presque doublé. « En 2020, environ 15 à 20 % des échantillons étaient positifs pour plusieurs drogues. Aujourd’hui, c’est 30 % », souligne Sarah Wille, cheffe du service de Toxicologie Forensique à l’INCC (Institut National de Criminalistique et de Criminologie). « Nous observons davantage de mélanges, pas seulement de cannabis ou de cocaïne, même si ce sont les plus fréquents. »

Près d’un tiers des contrôles positifs impliquent des mélanges de deux drogues, et dans un peu plus de 5 % des cas, il s’agit même de trois drogues. Toutefois, de nombreux automobilistes sous influence échappent aux contrôles de police. « Prenons l’exemple d’un conducteur influencé par la kétamine », explique Benoît Godard, porte-parole de l’institut VIAS. « C’est vraiment une drogue qui vous rend inapte à la conduite », car ses principaux effets incluent « la désorientation et les hallucinations ». Ainsi, « lors d’un contrôle, le conducteur ne sera jamais verbalisé parce que la kétamine n’est pas détectable par le test salivaire. Il passera à travers les mailles du filet. »

C’est pourquoi certains plaident pour une actualisation de la législation sur les contrôles, une législation instaurée il y a plus de 15 ans alors que le nombre de stupéfiants circulant augmente constamment.

« Le marché des drogues est très variable », reprend Sarah Wille. « Nous avons beaucoup de composés de synthèse. Mais ce n’est pas tout, il y a aussi les médicaments qui peuvent influencer les comportements sur la route. »

En moyenne, 36 périodes sont identifiées chaque jour comme positives à une substance illicite au volant de leur véhicule.