Un conclave de 7 partis pour sortir la Région bruxelloise de l’impasse : « la charrue avant les bœufs »?
Les sept partis appelés à négocier en conclave sont le MR, le PS, les Engagés côté francophone et Groen, Vooruit, le CD&V et Anders côté flamand, sans la N-VA. Jean Faniel, directeur du CRISP, affirme qu’ « on ne pourra arriver qu’à un accord qui sera vraiment un accord de compromis, qui sera finalement un peu le plus petit commun dénominateur entre ces sept partis ».
Les sept partis qui sont invités à se réunir pour négocier sont le MR, le PS, les Engagés pour le côté francophone, et Groen, Vooruit, le CD&V et Anders pour le côté flamand. Cette réunion se déroulera sans la N-VA.
« Ça me paraît aussi être une très bonne méthode que l’on n’a pas encore expérimentée jusqu’à présent », a déclaré Ahmed Laouej, président de la fédération bruxelloise du PS.
Plusieurs formations politiques ont déjà répondu à l’appel du MR. Les instances du PS bruxellois se disent prêtes à participer aux négociations « en vue de former un gouvernement stable et de plein exercice ». « Pendant X jours, on va travailler à trouver un accord. Ça me paraît aussi être une très bonne méthode que l’on n’a pas encore expérimentée jusqu’à présent. Pourquoi ne pas le faire ? », a réagi Ahmed Laouej ce lundi.
Le parti flamand Anders a également exprimé sa volonté de répondre à l’invitation du président du MR pour entamer les négociations gouvernementales à Bruxelles, mais sous certaines conditions strictes, selon Frédéric De Gucht, président du parti. La demande de présence de la N-VA, qui a été posée comme condition pendant plusieurs mois, n’en fait pas partie.
Les exigences d’Anders comprennent : une majorité néerlandophone à part entière, un équilibre budgétaire d’ici 2029, un allègement fiscal pour la classe moyenne, une simplification du paysage institutionnel et administratif, ainsi qu’une approche résolue en matière de sécurité, notamment dans les gares de Bruxelles-Midi et de Bruxelles-Nord et leurs environs. Pour Anders, ces éléments constituent la condition minimale pour un échange sérieux.
Cette idée de conclave n’est pas nouvelle. « On a déjà entendu cette idée qu’il faudrait les enfermer tous et qu’ils ne sortent pas jusqu’à ce qu’il y ait une solution. Donc vraiment, cette piste du conclave, je pense qu’elle rejaillit ici à un moment où on avait l’impression qu’on ne voyait plus vraiment d’issue, certains se demandant si finalement le gouvernement n’allait pas rester en affaires courantes jusqu’à la fin de la législature, jusqu’en 2020 », avance Jean Faniel, directeur du CRISP.
« Les conclaves […], c’est plutôt une solution d’atterrissage », note Jean Faniel.
Selon lui, le conclave est souvent lié à des questions budgétaires en Belgique. « Le conclave budgétaire s’est souvent tenu à Val-Duchesse, notamment dans les années 2000 », précise-t-il. « Mais, ajoute-t-il, il ne faut pas remonter tellement loin pour trouver un exemple de conclave pour former un gouvernement. Le gouvernement actuel, l’Arizona, le gouvernement De Wever au niveau fédéral, s’est formé au terme d’un conclave. »
Pour Jean Faniel, « les conclaves […], c’est plutôt une solution d’atterrissage en réalité. C’est quand on voit déjà assez bien ce qui est sur la table que l’on recourt à cette technique du conclave en se disant que l’on va un peu forcer les choses. Mais il y a déjà beaucoup de choses qui sont sur la table. […] Ma crainte, c’est qu’on n’en soit pas encore là. »
Il souligne qu’« on ne pourra arriver qu’à un accord qui sera vraiment un accord de compromis, qui sera finalement un peu le plus petit commun dénominateur entre ces sept partis ». Cela l’amène à dire que « peut-être, on met la charrue avant les bœufs. Alors, qu’on vienne trop tôt, après 600 jours, c’est évidemment un peu dur de dire ça. Mais l’idée, c’est que finalement, on est encore à un stade où on cherche une majorité. »
Selon le directeur du CRISP, il ne faut pas nécessairement « s’attendre à quelque chose d’ambitieux » pour Bruxelles, car avec sept partis autour de la table, « on ne pourra arriver qu’à un accord qui sera vraiment un accord de compromis, qui sera finalement un peu le plus petit commun dénominateur entre ces sept partis ».

