Ukraine : adhésion pressentie, enjeux cachés de l’Europe ?
L’Ukraine pourrait devenir membre de l’Union européenne dès 2027. Les services de la Commission ont commencé à retravailler les règles pour intégrer l’Ukraine dès 2027, même si tout n’est pas prêt.
Dans les instances européennes, la rumeur d’un élargissement rapide se répand : l’Ukraine pourrait devenir membre de l’Union européenne dès 2027. Cela serait un changement majeur !
Lorsque Charles Michel, alors Président du Conseil, évoquait 2030 comme possible date d’adhésion, de nombreux observateurs jugeaient cette échéance prématurée, voire irréaliste.
Il est nécessaire de comprendre que l’adhésion n’est pas un processus qui s’improvise. Il faut adapter des milliers de pages de législation européenne, transformer l’économie, harmoniser les institutions et convaincre les 27 États membres. Rien ne s’effectue rapidement.
Depuis que la date du 1er janvier 2027 a été intégrée aux discussions de paix entre l’Ukraine et la Russie, la situation évolue rapidement. Une adhésion rapide de l’Ukraine est envisagée comme une garantie de sécurité pour ce pays après la guerre.
Cette idée suscite des débats parmi les capitales européennes. L’Union est confrontée à un dilemme important. Devrait-elle suivre le processus habituel ? Appeler les pompiers, vérifier l’assurance, attendre l’aide… Cela prendrait du temps, et le danger pourrait aggraver la situation. Ou devrait-elle agir sans attendre, en improvisant et en demandant de l’aide aux voisins ?
Cependant, agir à la hâte pourrait causer des dommages structurels. La maison est encore debout, mais elle pourrait s’effondrer de l’intérieur.
Les Européens ont-ils vraiment le choix ? Le chancelier allemand rappelle que « une règle est une règle » et Friedrich Merz affirme qu’il est « hors de question » d’accélérer le rythme de l’adhésion.
Malgré cela, les diplomates restent lucides. Si l’adhésion accélérée de l’Ukraine est incluse dans un accord de paix, refuser pourrait devenir politiquement impossible. Promettre l’adhésion à l’Ukraine pour ensuite fermer la porte lors de la paix simplement renforcerait la position de Vladimir Poutine.
Par conséquent, la Commission a commencé à reconsidérer les règles, à élargir le concept d’élargissement, intégrant l’Ukraine dès 2027, même si tout n’est pas encore en place. Cela signifie une participation aux sommets et un accès graduel au marché unique et aux fonds européens, mais sans droit de vote immédiat.
L’Union ouvrirait ainsi la porte sans remettre tout de suite les clés. L’adhésion complète interviendrait ultérieurement, à mesure que les réformes seront mises en œuvre.
Une procédure totalement inédite est envisagée. Jusqu’alors, faire partie de l’Union signifiait partager des droits et devoirs. L’égalité est essentielle au projet européen. Modifier les règles en raison d’une situation d’urgence enverrait un message aux autres candidats en attente que l’on peut entrer rapidement, sans mérite. Cela porterait atteinte à notre crédibilité.
Il ne faut pas être naïf : si Washington soutient cette adhésion rapide, c’est aussi une opportunité pour Donald Trump de diviser davantage une Union qu’il méprise.
Cette perspective d’élargissement soulève des inquiétudes. Immigration incontrôlée, corruption, dégradation… Le fameux plombier polonais pourrait bientôt être rejoint par son homologue ukrainien.
Ces inquiétudes ne surgissent pas de nulle part et reflètent une peur plus profonde : celle d’une Union qui s’agrandit plus vite qu’elle ne se réforme. En ajoutant des États sans revoir les structures, les tensions internes augmentent. Des problèmes peuvent couver au sein de l’Europe.
Si l’on veut ajouter de nouveaux membres, il faut d’abord renforcer les fondations. Repenser les méthodes de prise de décision, de financement et d’action collective. Pourtant, sur ce point, les Européens sont à la traîne.
Intégrer l’Ukraine à la hâte pourrait éteindre l’incendie actuel, mais cela risquerait aussi d’entraîner l’effondrement de la structure que l’on cherche à protéger. Pour que cet élargissement soit bénéfique et non source de fractures, il est essentiel d’agir rapidement, mais surtout de le faire collectivement.

