« Trump espère un accord après l’avertissement de Khamenei »
Donald Trump a déclaré : « J’espère qu’on va trouver un accord » concernant la situation avec Téhéran. Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), plus de 42.000 personnes ont été arrêtées lors du mouvement, et l’organisation a confirmé 6713 morts.
Le président américain a multiplié les avertissements depuis le début du mouvement de contestation réprimé à huis clos en janvier, alors que le pays était privé d’internet et largement isolé. Il a cependant réaffirmé la volonté de négocier avec Téhéran pour éviter une escalade.
« J’espère qu’on va trouver un accord », a déclaré Donald Trump aux journalistes, ajoutant que « si nous n’avons pas d’accord, nous allons voir si (le guide suprême) avait raison ou non ».
Ali Khamenei, s’exprimant pour la première fois en deux semaines, a lancé une nouvelle mise en garde.
** »Une guerre régionale »**
« Les Américains doivent savoir que s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale », a-t-il prévenu, évoquant les frappes américaines en Iran lors d’un conflit de 12 jours en juin, déclenchées par Israël.
Il a également critiqué les manifestants, affirmant qu’ils « ont attaqué la police, des bâtiments gouvernementaux, des casernes des Gardiens de la Révolution, des banques, des mosquées et ont brûlé le Coran […] c’était un véritable coup d’Etat », assurant que cette tentative avait « échoué ».
**Erfan Soltani libéré**
La République islamique a répondu par une répression sanguinaire des manifestations, accompagnée d’arrestations massives. Parmi les interpellés, Erfan Soltani, âgé de 26 ans, a été arrêté le 10 janvier alors que les manifestations, initialement dirigées contre le coût de la vie, se transformaient en défiance envers les autorités.
Considéré par les défenseurs des droits humains comme le visage du mouvement, il a été libéré sous caution, selon son avocat Amir Mousakhani. Les États-Unis et des ONG avaient évoqué un risque d’exécution pour ce jeune homme, accusé de propagande contre le système islamique et d’atteinte à la sécurité nationale. L’Iran a toutefois démenti cette possibilité de peine de mort.
L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a déclaré que plus de 42 000 personnes avaient été arrêtées lors des manifestations, avec 6 713 morts confirmées, principalement des manifestants. Cependant, le nombre de décès pourrait dépasser les 17 000, selon l’organisation. Les autorités iraniennes, tout en admettant que des milliers de personnes ont perdu la vie, affirment que la majorité des victimes étaient des forces de sécurité ou des civils tués par des « terroristes », une opération qu’elles attribuent aux États-Unis et à Israël.
Dimanche, la présidence a publié les noms de 2 986 personnes décédées pendant les troubles, sur une liste de 3 117. Les 131 autres victimes ne sont pas encore identifiées.
** »Honte à l’Europe ! »**
Tandis que Washington menace de représailles en cas d’attaque, les autorités iraniennes ont également exprimé leur volonté de négocier avec les États-Unis. Dans une interview sur CNN, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a mentionné que des pays de la région servaient d’intermédiaires pour rétablir la confiance perdue envers Washington.
Il a émis l’idée qu’il y avait « la possibilité d’une […] discussion si l’équipe de négociation américaine suit ce qu’a déclaré le président Trump : un accord juste et équitable pour garantir qu’il n’y ait pas d’armes nucléaires » en possession de Téhéran. L’Iran est soupçonné par les Occidentaux de vouloir se doter de capacités nucléaires, ce qu’il dément.
La situation s’est intensifiée avec le déploiement par les États-Unis d’une dizaine de navires, dont le porte-avions Abraham Lincoln, et les forces armées iraniennes se déclarant « en état d’alerte maximale ».
La pression sur l’Iran provient également de l’Union européenne, qui a inscrit les Gardiens de la Révolution sur sa liste des « organisations terroristes », ces derniers étant accusés d’avoir orchestré la répression des manifestations.
En réponse, le Parlement iranien a déclaré dimanche les armées européennes comme des « groupes terroristes ». Les députés ont scandé : « Mort à l’Amérique ! », « Mort à Israël ! », « Honte à l’Europe », lors de la commémoration du 47e anniversaire du retour de l’imam Khomeini en Iran, le fondateur de la République islamique.

