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Trump accusé de démence pour ses déclarations sur l’Iran

Dimanche, le président américain a écrit sur sa plateforme Truth Social: « Ouvrez le Putain de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer – VOUS ALLEZ VOIR! ». Mardi, Donald Trump a averti: « Une civilisation entière va mourir ce soir ».


Donald Trump n’a jamais fait preuve de mesure dans ses propos ni montré d’inquiétude quant à leur cohérence. Toutefois, face à l’Iran, il a atteint un niveau d’outrance et de confusion qui alimente les critiques de ses opposants sur sa santé mentale.

Dimanche, le président américain a écrit sur sa plateforme Truth Social : « Ouvrez le Putain de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer – VOUS ALLEZ VOIR ! ». Il a ajouté : « Gloire à Allah. »

Mardi, il a averti : « Une civilisation entière va mourir ce soir. »

Interrogée sur ces propos menaçants et mystérieux, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a diffusé mardi : « Le Président seul sait où nous en sommes et ce qu’il va faire. »

Le dirigeant républicain a fait de sa personnalité « sans filtre » un élément d’identité, et ses partisans les plus fidèles y voient une marque d’authenticité.

Ses adversaires politiques, quant à eux, perçoivent ses déclarations comme la preuve que le président américain s’enfonce dans la démence.

La sénatrice démocrate Patty Murray a qualifié les déclarations du président de « divagations d’un taré assoiffé de sang ». Le gouverneur démocrate du Kentucky, Andy Beshear, a quant à lui déclaré : « C’est juste cinglé. »

L’ancienne députée trumpiste Marjorie Taylor Greene, devenue critique, a estimé dimanche que Donald Trump était « devenu fou. »

Rejoignant de nombreux démocrates et certains républicains qui s’opposent au président, cette figure ultra-conservatrice a plaidé mardi pour l’application du 25ème amendement. Ce texte permet de destituer un président jugé incapable d’exercer ses fonctions.

Des personnalités liées au complotisme, comme Candace Owens et Alex Jones, s’interrogent maintenant également sur la santé mentale de Donald Trump.

La violence extrême des récents propos présidentiels s’accompagne de contradictions. Mardi, Trump a menacé d’anéantir l’Iran tout en évoquant la possibilité d’un compromis diplomatique, concluant par : « Que Dieu bénisse le grand peuple d’Iran. » Concernant le « putain de détroit d’Ormuz », l’homme politique de 79 ans, le plus âgé jamais élu aux États-Unis, a récemment affirmé qu’il n’accordait pas d’importance à ce passage maritime stratégique.

Il a également changé plusieurs fois sa position sur les objectifs de l’opération militaire lancée le 28 février, affirmant d’abord qu’il s’agissait d’un « changement de régime » avant de démentir, puis de dire que « le régime » était déjà tombé.

L’ancien promoteur immobilier a aussi déclaré le 26 mars qu’il se « fichait » du résultat des négociations avec des responsables iraniens.

Actuellement, Trump exige que ces discussions aboutissent sous peine de détruire les infrastructures du pays, ayant établi plusieurs ultimatums successifs. Le dernier en date a été fixé à mardi à 20h à Washington, minuit GMT, s’il n’est pas encore repoussé.

Le site Axios a rapporté mardi qu’un responsable américain anonyme décrivait Donald Trump comme un « chien enragé », plus belliqueux que le chef du Pentagone, Pete Hegseth. Sa rhétorique devient de plus en plus agressive, affirmant que l’armée américaine avait « botté le cul » de l’Iran.

Les excès de l’ancien animateur de téléréalité vont au-delà du conflit. Au cours d’un déjeuner privé la semaine dernière, dont une vidéo a été diffusée par erreur par la Maison Blanche, Trump s’est moqué d’Emmanuel et Brigitte Macron, déclarant : « Macron, que sa femme traite extrêmement mal,… il se remet encore du coup de poing qu’il a pris à la mâchoire. » Lors de cet événement rassemblant des responsables religieux, il a semblé se comparer à Jésus-Christ.

Au-delà des insultes et des confusions, la capacité de Trump à mélanger les genres interpelle, dans un pays où le déclin de l’ancien président démocrate Joe Biden a dominé la vie politique pendant des mois. Lundi, devant des enfants participant à la traditionnelle chasse aux œufs de la Maison Blanche, accompagné d’une mascotte déguisée en lapin géant, il a longuement discuté de la guerre, affirmant que l’Iran n’était « pas du tout si fort que ça. »

Il est courant qu’au cours de ses interventions publiques, il évoque simultanément le conflit au Moyen-Orient et des projets de décoration ou de construction qui l’intéressent particulièrement, notamment l’édification d’une salle de bal à la Maison Blanche.