Treize maisons de repos wallonnes reçoivent un label anti-dénutrition.
Une personne sur cinq vivant en maison de repos est estimée dénutrie, tandis que deux sur cinq risquent de l’être. L’AVIq a déjà décerné un label à 13 maisons de repos wallonnes au cours des cinq dernières années, visant à imposer 15 critères pour garantir une nourriture de qualité.
Les personnes vivant en maison de repos font face à des problèmes alimentaires. On estime qu’une sur cinq est dénutrie, tandis que deux sur cinq risquent de l’être. Avec l’âge, l’appétit tend à diminuer, ce qui entraîne un risque élevé de perte musculaire, de chutes, d’augmentation de la consommation de médicaments et d’errances nocturnes.
Depuis cinq ans, l’AVIq a développé un label qu’elle a attribué à 13 maisons de repos en Wallonie, positionnant ainsi cette région comme pionnière dans ce domaine. « Décerner des labels, c’est aller plus loin que les normes. C’est une démarche volontaire de la part des maisons de repos qui ont posé leur candidature », se réjouit Lara Kotlar, porte-parole de l’AVIq.
L’objectif est d’imposer 15 critères pour garantir une nourriture de qualité en maison de repos : diversité et qualité des menus, présence d’une diététicienne, surveillance individuelle des courbes de poids, etc. « Pour obtenir le label, explique Lara Kotlar, il faut satisfaire au moins 15 critères obligatoires et 5 critères absolus. Cela signifie offrir une diversité alimentaire. Il doit toujours y avoir au moins une alternative différente à chaque repas. Par conséquent, le deuxième repas ne doit pas nécessairement toujours être des spaghettis bolognaises, par exemple. […] Il est également important de réduire le jeûne nocturne, en offrant une collation le soir aux personnes à risque de dénutrition, mais potentiellement accessible à tous. Il faut avoir une diététicienne qui gère tout cela. »
La démarche vise à inclure l’ensemble du personnel dans une approche proactive : la qualité de la nourriture est au service des résidents. « Le label nutrition santé, ce n’est pas seulement une question de cuisine et de diététique, souligne l’AVIq, mais cela implique tout le monde, y compris les infirmiers et les médecins, c’est vraiment une démarche globale. »
Le label impose également une surveillance individuelle des courbes de poids. « Nous devons pouvoir faire l’analyse individuelle de chaque résident, en fonction de sa situation. L’objectif est évidemment de lutter contre la dénutrition et d’améliorer encore la qualité de vie. » Pour les personnes âgées, chaque kilo perdu est très difficile à reprendre. « Cela peut bien évidemment tourner en spirale infernale et mener à une fin de non-retour », insiste la porte-parole de l’AVIq. « C’est une chose sur laquelle nous devons être réellement vigilants. Que ce soit dans les institutions ou à la maison, c’est capital, puisqu’une bonne nutrition permet de lutter contre de nombreux problèmes, notamment les escarres, et peut également réduire le temps d’hospitalisation. C’est la raison pour laquelle nous collaborons avec les maisons de repos sur cette amélioration continue. »
À Tournai, la maison de repos « la Providence » a reçu ce label il y a plus d’un an. Nous avons visité l’établissement pour découvrir les résultats concrets de cette initiative. Tant l’AVIq que la direction estiment que la santé des résidents s’est améliorée dans les maisons qui ont reçu ce label, avec moins de chutes, moins d’errances nocturnes, moins d’escarres, une meilleure immunité et un meilleur état de santé général.

