Belgique

Tibet : la diaspora élit en exil ses dirigeants, défi à Pékin

Les moines bouddhistes des vallées de l’Himalaya, vendeurs de souvenirs des rues de New Delhi ou réfugiés des banlieues de Sydney doivent renouveler d’ici deux mois leur parlement et le chef de leur gouvernement en exil dans le nord de l’Inde. Le Dalaï-Lama, qui a renoncé à tout rôle politique en 2011, a fêté l’an dernier son 90e anniversaire dans le nord de l’Inde.


Moines bouddhistes des vallées himalayennes, commerçants dans les rues de New Delhi ou réfugiés vivant en périphérie de Sydney, ces Tibétains doivent renouveler d’ici deux mois leur parlement ainsi que le dirigeant de leur gouvernement en exil, basé dans le nord de l’Inde. Comme chaque fois depuis l’invasion du Tibet par les troupes chinoises en 1950, la Chine a d’ores et déjà rejeté les résultats anticipés de ce scrutin, qu’elle désigne comme une « farce ». Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré dans une réponse écrite à l’AFP : « Le soi-disant ‘gouvernement tibétain en exil’ n’est rien d’autre qu’un groupe politique séparatiste. C’est une organisation illégale qui viole totalement la Constitution et les lois chinoises. » Cependant, de nombreux Tibétains semblent déterminés à exercer leur devoir civique. Gyalten Chokye, 33 ans, candidate à un poste au sein du futur exécutif, affirme : « Ces élections […] montrent que le combat pour la liberté et l’indépendance du Tibet se perpétue de génération en génération. » Pour beaucoup, cette année, cet acte démocratique prend une signification particulière.

Le chef spirituel des Tibétains, le Dalaï-Lama, a abdiqué tout rôle politique en 2011 en faveur d’un gouvernement élu. L’an passé, il a célébré son 90e anniversaire dans le nord de l’Inde, région où il réside principalement depuis sa fuite face à la répression chinoise en 1959. Évoquant publiquement la fin de son règne entamé en 1937, il a confirmé que son successeur serait désigné à sa mort selon la tradition, contrecarrant ainsi les ambitions de Pékin qui désire imposer son propre candidat. Tenzin Namgyal Tethong, 78 ans, votant depuis les États-Unis, a précisé : « L’âge avancé de Sa Sainteté inquiète tous les Tibétains. Le plus important sera de sauvegarder ce que nous avons obtenu sous sa direction. »