Belgique

Tensions entre l’Europe et les États-Unis sur le Groenland : Bart De Wever appelle au sang-froid à la Chambre

Le président américain Donald Trump a menacé la semaine dernière de recourir à la force pour mettre la main sur le Groenland, territoire autonome du Danemark. La compétitivité de l’économie européenne sera d’ailleurs l’unique sujet d’une rencontre informelle des dirigeants européens à Alden Biesen, dans le Limbourg, le 12 février.


Le président américain Donald Trump a menacé la semaine dernière d’utiliser la force pour annexer le Groenland, un territoire autonome du Danemark, et d’imposer de nouveaux droits de douane à plusieurs États membres de l’UE ayant envoyé des militaires sur l’île. « Certains ont déclaré très vite que le transatlantisme est mort, que l’OTAN est mort et certains ont même ajouté que c’est une bonne chose. Je comprends l’émotion derrière ces mots, après tout ce qui s’est passé […] », a déclaré le Premier ministre lors d’une réunion des députés en comité d’avis sur les questions européennes à la Chambre. « Cela ne nous a pas rendus heureux », a-t-il ajouté avec modération.

Cependant, Bart De Wever a qualifié de « pas très intelligent » de dire que l’Alliance transatlantique est morte et que cela aurait des effets positifs. « C’est peut-être ce que certains aux États-Unis veulent entendre : que l’Europe elle-même souhaite une rupture de l’atlantisme », a-t-il observé. « Celui qui vous provoque a un agenda […]. Il faut toujours garder son sang-froid et ne pas se lancer dans des aventures », a-t-il insisté.

Le Premier ministre a fait le point sur sa rencontre avec le président américain en présence du roi Philippe. « J’ai promis de ne rien dire, mais disons que j’ai été assez clair pendant la réunion : ou bien on continue vers le conflit et cela sera très grave, ou bien il y a une désescalade, et Donald Trump a fait son choix. » « On a mis le couteau sur la table et cela a eu des conséquences », a-t-il résumé en utilisant une expression néerlandaise. Cela n’exclut pas, selon Bart De Wever, qu’un débat soit nécessaire sur le développement d’une puissance militaire européenne au sein de l’OTAN, capable d’agir de manière autonome. « Je pense que la Belgique, et c’est mon opinion personnelle, doit répondre par l’affirmative et être prête à une intégration poussée de nos forces armées dans un projet plus large. Dans le monde tel qu’il existe aujourd’hui, toute autre réponse est désespérément insuffisante », a-t-il déclaré.

Concernant la sécurité de l’UE, le Premier ministre a également souligné qu’elle doit pouvoir compter sur la croissance économique. La compétitivité de l’économie européenne sera d’ailleurs le seul sujet d’une rencontre informelle des dirigeants européens à Alden Biesen, dans le Limbourg, le 12 février, a-t-il indiqué. « Ces dernières semaines ont douloureusement montré que l’Union européenne est souvent à la merci des vagues créées par d’autres, que nous dépendons trop souvent de facteurs que nous ne contrôlons pas et que nous n’avons pas suffisamment mis en avant nos propres atouts », a-t-il affirmé.