Belgique

Stationnement : comment concilier gestion humaine et rentabilité ? Enquête sur les parkings publics.

À Mons, des agents communaux surveillent et entretiennent les parkings en voirie et hors voirie. La gestion communale des parkings publics à Mons permet de générer près de 600.000 euros de recette par an.


À Mons, des agents communaux sont en charge de la surveillance et de l’entretien des parkings, tant en voirie qu’en dehors. Christophe Erbain, responsable du stationnement public, affirme : « On apporte surtout une assistance. Dans les parkings intérieurs, un personnel est présent 24 heures sur 24 ou suit la situation à distance après 22 heures. En voirie, ce sont les contrôleurs civils, habillés en noir, qui effectuent les contrôles, soit par scanner soit à pied. Les travaux sont réalisés par le personnel du service de stationnement, et parfois, d’autres employés communaux viennent prêter main-forte pour des tâches spécifiques. Pour l’informatique, nous avons recours à des sociétés externes. »

Les agents adoptent ce qu’ils appellent une « approche humaine ». D’après l’employé de la ville, « l’idée n’est pas de faire du chiffre à tout prix. Pour ceux qui abusent, il n’y a pas de tolérance. Cependant, parfois, certains se garent mal, et nous leur faisons des remarques sans leur infliger immédiatement une amende. De plus, une période de grâce de 10 minutes avant et après le stationnement est accordée. »

Le service communal gère quatre parkings sur lesquels il a choisi de conserver la gestion, malgré des propositions d’entreprises privées. L’échevine de la mobilité, Catherine Houdart, précise : « Nous souhaitons surtout garder une autonomie sur les prix, qui doivent être attractifs pour les Montois comme pour les touristes. »

Elle ajoute que plusieurs entreprises privées avaient proposé de rendre payants certains emplacements actuellement gratuits. Actuellement, les automobilistes de la ville peuvent bénéficier de deux heures gratuites en voirie et une heure hors voirie. « Le coût des infrastructures est élevé, et il faut rémunérer le personnel, mais nous n’acceptons pas que des entreprises rendent payants des emplacements gratuits », souligne la socialiste. Selon le cabinet du bourgmestre, la gestion des parkings génère 600 000 euros. « Il est possible que nous puissions gagner plus d’argent, car les parkings sont bien remplis, notamment grâce à notre système d’abonnements annuels, mais est-ce qu’il faut gagner de l’argent à tout prix ou rendre un service au public ? Nous préférons continuer à offrir ce service avec des agents proches des citoyens », conclut l’élue montoise.

À Tournai, la ville a choisi un partenariat avec une entreprise privée, City Parking, qui gère le stationnement en voirie et hors voirie depuis 20 ans. La nouvelle majorité politique a décidé de renouveler ce partenariat pour 10 ans supplémentaires. Marie-Christine Marghem, la bourgmestre, explique que cette décision a été prise pour limiter le risque financier lié à la gestion des parkings, qui implique des coûts importants pour l’entretien des horodateurs et des infrastructures. Elle précise : « Il est plus difficile d’appliquer une sanction pour occupation abusive de l’espace public si les gens se connaissent, comparé à des agents privés qui sont beaucoup plus neutres. »

Des automobilistes de Tournai se plaignent depuis des années de la gestion du stationnement par la ville et City Parking, affirmant que « les agents sont à l’affût, comme s’ils étaient cachés derrière les voitures ». Un homme a déclaré que les petites infractions de cinq minutes leur coûtent parfois cher, et que contester une amende injuste nécessite une procédure judiciaire complexe, ce qui les décourage. En 2025, City Parking a rapporté gérer 300 contraventions par jour, et le partenariat public-privé rapporte à la ville un minimum de 750 000 euros chaque année.

La ville de Molenbeek fait face à des défis similaires. Le parking Brunfaut a été abandonné pendant plus de deux ans suite au départ de l’entreprise privée en raison des coûts de sécurité élevés. Michaël J. (nom d’emprunt), un habitant du quartier, témoigne que le site a été « autogéré » par des habitants, qui se sentaient plus en sécurité là qu’à l’extérieur. Un incendie survenu fin décembre 2025 a précipité la fermeture du parking, entraînant des coûts de réparation estimés à 1,1 million d’euros.

Dirk De Block, premier échevin de Molenbeek, a déclaré que la commune négocie avec parking.brussels pour établir un plan de financement afin de remettre le parking aux normes et proposer des tarifs accessibles. Il souligne l’importance de trouver des solutions financières viables pour attirer le privé, tout en assurant que celui-ci respecte ses engagements contractuels.

Enfin, la gestion des parkings publics est un enjeu politique et financier. Elle doit trouver un équilibre entre un service public essentiel et la rentabilité. La situation actuelle dans les différentes villes reflète des stratégies variées, certaines favorisant la gestion publique pour préserver l’accessibilité des parkings, d’autres optant pour la gestion privée dans le but de sécuriser des recettes pour les collectivités.