Belgique

Sophie Adenot, la deuxième astronaute française en mission sur l’ISS.

Sophie Adenot, une maman de 43 ans, fêtera ses 44 ans le 5 juillet à bord de l’ISS. Selon Grégor Rauw, spécialiste de l’exploration spatiale, il y aurait à ce jour « 74 femmes ayant accompli au moins une révolution autour de la Terre ».


C’est un rêve qui se concrétise pour Sophie Adenot, une mère de 43 ans, qui célébrera ses 44 ans le 5 juillet à bord de l’ISS. En 1996, elle assiste au départ de la première astronaute française pour l’ISS, Claudie Haigneré : « J’avais 14 ans, j’ai eu le déclic quand je l’ai vue décoller […] Je me souviens très bien que c’est à ce moment-là que je me suis dit : ‘Un jour, ce sera moi' », a déclaré Sophie Adenot lors d’une récente conférence de presse.

Originaire de Cosne-Cours-sur-Loire en Bourgogne, elle est la deuxième d’une fratrie de quatre enfants. Elle commence alors à collectionner les photos de l’astronaute, qu’elle découpe dans les magazines pour les coller au-dessus de son bureau.

### Un parcours d’exception

Ces images découpées de Claudie Haigneré constituent une source de motivation qui lui permet d’obtenir son diplôme de l’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace (aujourd’hui ISAE-SUPAERO), puis un master en sciences des facteurs humains aéronautiques et spatiaux au prestigieux MIT de Boston (États-Unis).

Sa carrière débute chez Airbus en 2004, en tant qu’ingénieure dans la conception de cockpits d’hélicoptères. Un an plus tard, elle rejoint l’armée de l’Air pour devenir pilote d’hélicoptère au sein d’un escadron spécialisé dans les missions de recherche et de sauvetage au combat, notamment en Afghanistan, où elle effectue deux séjours.

### Première pilote d’essai d’hélicoptères

Après avoir été affectée à l’escadron chargé du transport aérien des plus hautes autorités de l’État, elle devient en 2018 la première femme française pilote d’essai d’hélicoptères. « J’adore l’aventure, l’inconnu, faire face à des situations improbables et voir comment on y arrive en équipe ou seul », explique-t-elle.

Devenue colonelle, elle compte aujourd’hui 3000 heures de vol et 120 missions de combat.

### Sélectionnée parmi 22.000 candidats

Elle tente d’intégrer le corps des astronautes de l’Agence spatiale européenne (ESA) en 2008, mais échoue à l’âge de 25 ans. Studieuse et méticuleuse, Sophie Adenot engage même un coach mental, vainqueur du Vendée Globe, comme le souligne le journaliste Marc Dana dans « Sophie Adenot. De la terre aux étoiles » (éd. du Rocher).

En 2022, elle est sélectionnée parmi 22.000 candidats, entamant ainsi trois années de préparation intense pour obtenir les qualifications nécessaires à sa première mission. Ce parcours exigeant est partagé sur les réseaux sociaux, et comme son prédécesseur français, Thomas Pesquet, elle prévoit de le mettre à jour depuis l’espace.

### Plus de 200 expériences scientifiques

Pendant huit mois, Sophie Adenot participera à plus de 200 expériences scientifiques. L’astronaute française a été entraînée à collecter des échantillons de sang ou à manipuler des incubateurs et des fours à lévitation magnétique.

Ces expériences se concentreront sur deux grands axes : la recherche sur la microgravité, notamment ses effets à long terme sur le corps humain, et la recherche liée à l’environnement spatial.

Elle testera, par exemple, EchoFinder, un système développé par le Centre national d’études spatiales (Cnes), qui permet aux astronautes de réaliser des échographies de manière autonome grâce à une intelligence artificielle et à la réalité augmentée. Elle se soumettra également à une série de tests neurosensoriels pour évaluer l’effet de son séjour en orbite sur la mémoire, la prise de risque ou la reconnaissance des émotions.

### Un vol avancé, puis reporté à plusieurs reprises

L’équipage de Crew-12, auquel appartient Sophie Adenot, comprend également l’Américaine Jessica Meir, commandante de la mission, ainsi que deux autres hommes : l’Américain Jack Hathaway et le Russe Andreï Fediaïe. Leur vol a été avancé après le retour prématuré de l’équipage Crew-11 en raison de problèmes de santé d’un membre de l’équipage le 15 janvier dernier.

Initialement prévu pour le mercredi 11 février, le vol a été reporté de 48 heures en raison de mauvaises conditions météorologiques. La capsule Dragon de SpaceX devrait finalement décoller ce vendredi à 11h15 depuis le Centre spatial Kennedy de Cap Canaveral en Floride, sous réserve de conditions climatiques favorables et l’absence de nouveaux problèmes détectés sur la fusée de SpaceX.

### Les femmes dans l’espace

Il est important de rappeler que la cosmonaute soviétique Valentina Tereshkova a été la première femme à aller dans l’espace en 1963. Depuis, d’autres femmes ont suivi, mais les chiffres concernant leur nombre sont contradictoires. « Il y a des informations contradictoires sur le nombre précis de femmes astronautes », explique Grégor Rauw, spécialiste de l’exploration spatiale et professeur à l’Institut d’astrophysique, géophysique et océanographie (ULiège).

Selon lui, il y aurait actuellement « 74 femmes ayant accompli au moins une révolution autour de la Terre, et environ 17 autres ayant réalisé des sauts de puce ». Cela représente environ 12 % de l’ensemble des astronautes (hommes et femmes) envoyés dans l’espace jusqu’à présent.