Soldes : remises permanentes, magasins indépendants sous pression
Selon un sondage publié par la fédération membre d’Unizo, les commerçants entameront les rabais à 30%, en ligne avec les réductions affichées il y a un an. Plus de la moitié (54%) des commerçants a vu ses ventes baisser ces derniers mois.
Selon un sondage réalisé par une fédération membre d’Unizo, qui regroupe les indépendants en Flandre, les commerçants prévoient de commencer les soldes avec des réductions de 30%, un chiffre similaire à celui de l’année précédente. Les niveaux de stocks seraient également comparables, plus de 40% des répondants indiquant avoir encore 40 à 60% de leur collection disponible en magasin.
Les responsables de magasins de mode espèrent beaucoup de ces soldes, après un automne particulièrement doux qui n’a pas incité les consommateurs à acquérir des manteaux et des pulls en laine. En moyenne, le chiffre d’affaires a baissé de 4% au cours des derniers mois. Plus de la moitié (54%) des commerçants a constaté une diminution de ses ventes, tandis que 17,3% ont observé une augmentation. Pour près de 30% des premiers, la situation est stable.
« L’automne a commencé plutôt bien et les ventes étaient excellentes en septembre », explique Isolde Delanghe, directrice de Mode Unie. « Mais cela n’a pas perduré, et les températures douces d’octobre, novembre et même jusqu’à mi-décembre ont amené les consommateurs à retarder leurs achats pour l’hiver. »
Elle remarque que les consommateurs achètent maintenant uniquement lorsqu’ils en ont réellement besoin. La variété des canaux de vente accessibles tout au long de l’année leur donne la possibilité de faire leurs achats selon leur convenance, sans se sentir obligés de saisir les bonnes affaires.
Les magasins indépendants sont particulièrement touchés par cette situation, selon Isolde Delanghe, un point également souligné par le Syndicat neutre pour indépendants (SNI). « La prolifération des remises tout au long de l’année et la concurrence féroce mettent les marges des entrepreneurs locaux sous pression. Une taxe sur les colis très minime ne résoudra pas le problème. Ce ne sont pas ces 2 ou 3 euros qui changeront la donne », indique le SNI dans un communiqué. Pour l’organisation, il est essentiel d’établir des règles équitables pour permettre aux « commerçants de rivaliser avec des enseignes comme Temu et Shein. »
« Il est inacceptable que nos indépendants doivent se conformer à cinq mille règles, tandis que des produits défectueux voire toxiques continuent d’être vendus depuis la Chine, en particulier dans l’industrie vestimentaire », ajoute le communiqué.
Le communiqué précise également que « le commerçant indépendant est maintenant coincé entre un consommateur à l’affût des bonnes affaires et des coûts d’exploitation croissants. » Le SNI demande aux décideurs politiques de garantir l’accessibilité des centres commerciaux.
De plus, le SNI observe une montée des attentes des clients. « Ils souhaitent des prix internet tout en bénéficiant des conseils et de l’expérience d’un commerce local, ce qui constitue une combinaison difficile à atteindre pour les indépendants, dont les marges sont très étroites », commente l’organisation.
Cependant, lors des deux dernières semaines, les rues commerçantes du nord du pays ont enregistré une fréquentation plus importante. Les clients ont effectué des achats de manière réfléchie. « Les clients se renseignent et savent précisément pourquoi ils se rendent en magasin. Chaque dépense est soigneusement considérée et les achats impulsifs sont devenus plus rares. » Certains commerçants ont déjà commencé à proposer des ventes combinées récemment, et la dernière poussée d’achats avant les fêtes a profité à l’ensemble du secteur.
Concernant l’avenir, de plus en plus de commerçants demandent à ce que les soldes coïncident avec la fin de la saison, car ces ventes impliquent de réduire les prix des invendus avant l’arrivée de la nouvelle collection. Christophe Wambersie, secrétaire général Wallonie-Bruxelles SNI, souligne : « Les soldes commence chaque année au début de janvier, c’est-à-dire au début de l’hiver et non à la fin de la saison. »
« Wambersie précise qu’un certain nombre de commerçants souhaiteraient voir la date des soldes déplacée, soit en février, soit en mars, mais rien n’est encore fixé à ce jour. » Cette demande a été transmise au ministre des Affaires économiques, David Clarinval (MR).

