Sofie Merckx (PTB) : « C’est à la hauteur des attaques subies »
En Belgique, 2026 devrait être une année cruciale sur le plan politique, avec des réformes désirées par les majorités en place. Une grande manifestation aura donc lieu le 12 mars, pour espérer faire « reculer » l’Arizona sur la réforme des pensions.
En Belgique, l’année 2026 s’annonce déterminante sur le plan politique. Les réformes souhaitées par les majorités devraient enfin se matérialiser. Cependant, du côté de l’opposition, notamment le PTB, les choses sont perçues différemment : « Les contestations reprennent, les grèves reprennent… C’est à la hauteur des attaques que les gens subissent », explique une invitée lors d’une émission.
### La victoire en marchant
En matière de pensions et d’indexation des salaires, Sofie Merckx souligne qu’il « y a énormément de colère ». Ce mécontentement, exprimé dans la rue, n’est pas vain : « Quand on se mobilise (notamment avec les syndicats), cela permet d’obtenir des victoires ». Elle évoque l’implémentation du « malus pension », qui, grâce à la contestation de l’automne dernier (en particulier la forte mobilisation du 14 octobre), n’a pas pu être voté et a été reporté d’un an. « Rien que le fait de postposer la mesure d’un an signifie que 20.000 personnes ne subiront pas ce malus pension », se réjouit la députée fédérale.
De plus, la mesure devrait être moins sévère envers les travailleurs qu’à l’origine, ne tenant pas compte des jours d’arrêt maladie ou de chômage économique, entre autres.
> « Quand les gens se rendent compte de ce qui va leur arriver, c’est ça qui permet de se mettre en mouvement. »
### Pensions : « on n’en veut pas de cette réforme ! »
Un gouvernement qui, selon l’opposition, annonce des accords vagues, et un Parti du Travail de Belgique qui agit et informe. « Quand les gens se rendent compte de ce qui va leur arriver, c’est ça qui permet de se mettre en mouvement. » La cheffe de groupe évoque une « symbiose entre l’opposition dans les parlements et la mobilisation dans la rue ». Concernant le dossier des pensions, il y a encore des ressorts à actionner. « On n’en veut pas de cette réforme ! » affirme-t-elle.
Une grande manifestation est prévue le 12 mars, pour tenter de faire « reculer » le gouvernement sur la réforme des pensions. « Le gouvernement doit faire ce qu’il a dit. Il avait promis de revaloriser le travail et de respecter les travailleurs. C’est l’inverse qu’il est en train de faire », pense-t-elle.
### « Objectiver » le temps de travail dans les écoles
Dans l’éducation, le gouvernement (de la Fédération Wallonie-Bruxelles) envisage d’augmenter de deux heures le temps de travail « devant la classe » pour les enseignants du secondaire supérieur, ce qui suscite des mécontentements.
Le PTB mène actuellement une « enquête parallèle » sur la charge de travail « réelle » des enseignants. « Tout ce travail doit être objectivé. Le gouvernement ne le fait pas. Avec le PTB, nous demandons donc aux enseignants de nous donner leurs vraies conditions de travail », explique la cheffe de groupe à la Chambre.
Que ce soit dans l’éducation ou dans les transports en commun – les deux principaux foyers de contestation actuels – les autorités mettent en avant des questions budgétaires pour justifier leurs mesures. Un raisonnement que Sofie Merckx conteste, soulignant l’importance d’offrir des services publics efficaces et bien financés.
> « Ce n’est pas parce qu’un service est public qu’il est inefficace. C’est le contraire. »
### Défense : « N’achetons pas les F-35 ! »
Selon elle, la Belgique ne devrait pas acquérir les onze F-35 supplémentaires recommandés par Théo Francken. « Il faut être cohérents : si nous ne voulons pas de dépendance avec les États-Unis, nous ne devons pas acheter de F-35 supplémentaires. Et il ne faut pas dépenser 34 milliards de plus pour des armes offensives. »
Sofie Merckx propose de privilégier les « alliances », l’ « ouverture avec les pays du sud », ainsi qu’une négociation intense pour la paix en Ukraine.

