« Si on reste braqué sur les chiffres, on ne sait pas déconfiner », explique Yves Coppieters

Le nombre d’admissions dans les hôpitaux est actuellement quatre fois supérieur à celui que l’on observait au mois de juin 2020, lors du premier déconfinement. Est-il dès lors trop tôt pour déconfiner, ou tout du moins, pour mettre en place de premiers relâchements?

« Je pense que les seuils qu’on s’était fixés en juin sont totalement différents qu’actuellement, c’est-à-dire qu’on ne peut pas les comparer et il faut même oser les revoir, à la baisse ou à la hausse, ça, c’est autre chose », explique l’épidémiologiste Yves Coppieters. « Le contexte est différent. On commence à vacciner et plus de gens dans la population ont une immunité. On parle de 4 ou 5 % mais c’est bien plus que ça. Ça doit être 15 ou 20 % même si on mesure mal cette immunité », continue l’expert.

« On voit que depuis 15 semaines, notre stratégie de dépistage, de testing et d’isolement fonctionne. C’est une situation bien différente que lors de la première vague où le testing ne fonctionnait pas. On commençait seulement à mettre en marche le suivi de contacts », souligne-t-il, ajoutant que les gestes barrières venaient à l’époque d’être mis en place et que la population n’y était pas encore habituée.

« Si on reste braqué sur les chiffres, on ne sait pas déconfiner mais si on met toutes ces dimensions dans l’analyse, je pense que l’on peut modifier les critères de déconfinement. On n’est pas dans une stratégie zéro virus« , conclut l’épidémiologiste.