Selena Carbonero Fernandez (FGTB) : « Le malus pension punit ceux qui ne travailleront pas jusqu’à 67 ans »
La réforme des pensions du gouvernement Arizona prévoit l’instauration d’un bonus malus pension, avec une réduction du montant de la pension brute en cas de pension anticipée ne remplissant pas les conditions d’une carrière minimum de 35 ans et de plus de 7020 jours de travail effectif. Les syndicats ont sollicité une rencontre avec le Premier ministre, sans succès pour le moment, tout en représentant plus de 3 millions de travailleurs et de travailleuses.
La réforme des pensions constitue le changement le plus significatif de ce gouvernement d’Arizona. Rappelons qu’elle introduit notamment un système de bonus malus pour les pensions, impliquant une réduction du montant de la pension brute en cas de départ à la retraite anticipée, à condition de ne pas respecter deux critères : avoir une carrière minimale de 35 ans, avec au moins 156 jours de travail par an, et plus de 7020 jours de travail effectif durant toute la carrière. Ce sont ces critères qui sont actuellement contestés par les syndicats. Le gouvernement défend cependant son objectif d’inciter les Belges à travailler plus longtemps. L’âge légal de départ à la retraite est fixé à 66 ans pour les personnes nées entre 1960 et 1963, et à 67 ans pour celles nées après.
« La priorité de notre message aujourd’hui est d’abord ‘stop au malus pension’, qui constitue une sanction pour ceux qui ne pourront pas travailler jusqu’à 67 ans. Ensuite, il faut maintenir l’indexation, qui est l’une des meilleures protections du pouvoir d’achat. Enfin, il est impératif de sortir du tabou des nouvelles recettes, en les faisant supporter par ceux qui ont les épaules les plus larges », explique la Secrétaire générale de la FGTB, Selena Carbonero Fernandez.
Les revendications des syndicats n’ont pas changé depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Arizona. Ce dernier poursuit cependant son chemin, faisant progressivement avancer ses réformes devant le Parlement. « Beaucoup de décisions sont prises, mais pas encore adoptées. La réforme des pensions doit encore être débattue au Parlement, tout comme la question du saut d’index », souligne Selena Carbonero Fernandez. « On a réussi à faire bouger un certain nombre de choses dans plusieurs textes. Ce n’est pas simplement le résultat de demandes polies autour d’une table, mais il a fallu instaurer un rapport de force. Actuellement, la définition de la concertation sociale par le gouvernement semble être de lire nos avis pour ensuite les ignorer, à quelques rares exceptions près où nous avons pu exercer une pression. »
Parmi les progrès signalés figurent des précisions sur les jours de travail effectifs ainsi que des exceptions visant à éviter l’exclusion des allocations de chômage, notamment pour les travailleurs à temps partiel. « Notre première mission est clairement de négocier. Mais pour cela, il est nécessaire qu’il y ait un contenu à discuter. Or, nous avons l’impression que le gouvernement ne fait que suivre la feuille de route de la FEB (Fédération des entreprises belges). »
Les syndicats ont tenté de solliciter une rencontre avec le Premier ministre, sans succès pour le moment. « Nous représentons plus de 3 millions de travailleurs et de travailleuses », déplore la représentante de la FGTB.
Le gouvernement Arizona justifie l’instauration du malus pension par la nécessité de réduire les pensions liées à des périodes d’inactivité. Selena Carbonero Fernandez conteste cet argument. « Il est normal que des périodes soient reconnues pour accéder à la pension. Le système de pension a été conçu de cette façon. Il est nécessaire de prendre en compte, par exemple, que les femmes, en raison de la répartition inégale des tâches de soins aux enfants, doivent souvent interrompre leur carrière faute de structures d’accueil suffisantes. Ces périodes doivent être reconnues, car ce ne sont pas des choix, mais une responsabilité collective. »
Le Conseil d’Etat a également soulevé les risques liés à cette réforme, qui pourrait engendrer des discriminations indirectes contre les femmes, surtout en ce qui concerne les travailleurs à temps partiel, comme elle le rappelle.

