Belgique

Saint-Gilles conteste la réforme du chômage : « On ne peut pas étrangler encore plus nos citoyens »

Saint-Gilles envisage de faire approuver par le collège et le conseil communal le principe de participer au recours lancé par Andenne et Mons auprès de la Cour constitutionnelle. Dans le premier mois de la réforme, il a été constaté que la proportion d’usagers demandant le droit à l’aide du CPAS est beaucoup plus importante que prévu.


Quelles démarches envisage Saint-Gilles ?

L’objectif est de faire approuver par le collège et ce soir, lors du conseil communal en urgence, le principe de participer au recours lancé par Andenne et Mons avec leur CPAS conjoint auprès de la Cour constitutionnelle, l’autorité compétente pour statuer sur les lois. Il s’agit de contester la proportionnalité de la réforme fédérale et de dénoncer l’inéquité d’imposer à des communes souvent dotées d’une assiette fiscale trop faible et faisant face à de lourdes charges sociales, d’accroître encore la pression fiscale sur leurs citoyens. En tant qu’ancien président du CPAS pendant deux mandatures et président de la fédération bruxelloise des CPAS, je considère qu’il était inacceptable qu’une commune bruxelloise ne rejoigne pas ce recours porté par Mons et Andenne.

Sur quelles bases affirmez-vous que la situation de votre CPAS est alarmante ?

Lors des discussions au sein du collège, en examinant les budgets et au moment de leur approbation, ainsi que dans nos échanges avec le Centre public d’action sociale, les projections faites, tant hautes que basses, concernant l’afflux d’usagers demandant de l’aide du CPAS étaient particulièrement frappantes. Malheureusement, durant le premier mois de la réforme, il devient évident que le nombre de demandes est bien plus conséquent que prévu. Bien que les équipes du CPAS soient résilientes et efficaces, nous observons une explosion de la dotation du CPAS et la répercussion financière sur les communes, déjà préoccupante, se confirme. En effet, une réforme aussi radicale représente un transfert de charges et une transformation de l’État qui trouve son origine dans une volonté de faire passer la solidarité et la sécurité sociale vers l’impôt, et notamment l’impôt municipal. Les Régions, elles aussi, soutiennent les communes dans leurs déficits. Cela équivaut à un transfert de charges pour éviter des dépenses fédérales, ce qui porte atteinte à la sécurité sociale, élément fondamental de l’État fédéral. Nous constatons une hausse de nos fiscalités liée aux charges qui nous incombent, nous mettant dans une situation où nous serons contraints d’augmenter nos charges. Cela n’est pas viable ni soutenable.

D’autres communes bruxelloises pourraient-elles vous rejoindre dans ce recours ? Des villes comme Molenbeek et Forest sont évoquées…

Des contacts ont été établis. Cependant, nous devions déposer la requête en premier. Les autres communes et CPAS auront la possibilité de se joindre à notre démarche durant les 30 jours suivants. Pour Saint-Gilles, il était symboliquement très important de ne pas laisser seules ces deux villes wallonnes, d’autant plus que parmi les 19 communes, nous serons particulièrement touchés.