Reza Pahlavi, héritier en exil, ne rêve pas d’incarner la contestation iranienne.
Reza Pahlavi, âgé de 65 ans, exhorte les Iraniens à « se battre contre l’oppression » et promet de rentrer en Iran pour assurer une transition vers un régime démocratique. Malgré sa notoriété internationale, il ne bénéficie pas d’un soutien franc des capitales occidentales, le président américain Donald Trump déclarant ne pas être « certain qu’il soit approprié » de rencontrer le fils du dernier chah.
Ce n’est pas la première fois que Reza Pahlavi se positionne comme un porte-parole de la population iranienne. Déjà lors du mouvement vert de 2009, puis durant les manifestations « Femme, vie, liberté » en 2022, il avait appelé à la chute du régime. Aujourd’hui âgé de 65 ans, il exhorte de nouveau les Iraniens à « se battre contre l’oppression » et promet de revenir en Iran pour faciliter une transition vers un régime démocratique.
Marié et père de trois enfants, il a été désigné chah d’Iran en 1980 par la cour royale en exil, suite au décès de son père, Mohammad Reza Pahlavi, décédé au Caire des suites d’un cancer.
### Un nom qui résonne… mais divise
Dans les rassemblements qui se multiplient à travers le pays depuis le 28 décembre, son nom, ou le slogan « Longue vie au chah », est parfois scandé. Cependant, ces appels monarchistes restent minoritaires. D’autres slogans, comme « Mort au dictateur », ciblent plus directement le guide suprême Ali Khamenei et traduisent une aspiration plus large à un changement de régime.
« Nous avons eu les Pahlavi, il est temps d’avoir aujourd’hui un pays démocratique », écrit Azadeh, 27 ans, dans un message envoyé du nord de l’Iran.
### Une opposition éclatée, sans figure fédératrice
Contrairement à la révolution de 1979, lorsque l’ayatollah Ruhollah Khomeini avait réussi à rassembler des courants idéologiquement divers, l’opposition iranienne apparaît aujourd’hui fragmentée. Monarchistes, républicains, laïcs ou militants des droits des femmes peinent à se regrouper autour d’un visage unique.
Cette division affaiblit la capacité de Reza Pahlavi à s’affirmer comme leader incontesté, malgré sa notoriété internationale et son héritage symbolique.
### Une stature internationale, un soutien occidental mesuré
Né en 1960, Reza Pahlavi a quitté l’Iran avant la chute de son père pour suivre une formation de pilote de chasse aux États-Unis. Il y a également étudié les sciences politiques. Très actif au sein de la diaspora, notamment aux États-Unis, il a gagné en popularité en dénonçant sans relâche la République islamique.
En 2023, il s’est rendu en Israël, un allié historique de son père, où il a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il a aussi soutenu les frappes israéliennes et américaines de juin dernier contre les installations nucléaires iraniennes.
Cependant, malgré cette visibilité, il ne bénéficie pas d’un soutien franc des capitales occidentales. Le président américain Donald Trump, qui a récemment évoqué la menace d’une intervention en cas de répression brutale des manifestations, a déclaré ne pas être « certain qu’il soit approprié » de rencontrer le fils du dernier chah.
### Un héritier face à son propre héritage
Face à une nostalgie monarchique pour certains et à un rejet du passé pour d’autres, Reza Pahlavi évolue sur une ligne délicate. S’il représente une alternative visible au régime islamique sur la scène internationale, son principal défi reste intérieur : convaincre une population jeune, mobilisée et méfiante envers toute figure associée à l’autoritarisme, que l’avenir de l’Iran peut également passer par lui.

