Révocation du droit à l’IVG aux Etats-Unis: le PTB demande la réinscription de la proposition de loi

La cheffe de groupe des communistes Sofie Merckx a envoyé lundi un courrier en ce sens aux différents groupes politiques qui soutenaient le texte, avant sa mise au frigo à la suite de l’accord de gouvernement Vivaldi. « À ce jour, la proposition de loi n’a toujours pas été votée. Trois années plus tard, nous ne pouvons toujours pas offrir des soins de qualité et accessibles à ces femmes qui se présentent au-delà de 12 semaines en Belgique », écrit la députée fédérale.

En janvier 2021, après avoir reçu l’avis du Conseil d’État, la Chambre avait rejeté une motion déjà déposée par le PTB visant à réinscrire la proposition de loi. Seul DéFI s’était joint aux communistes, la majorité Vivaldi préférant renvoyer le texte en commission. Le texte n’a cependant jamais été réexaminé.

Cette proposition de loi du PS co-signée par des députées de plusieurs partis, dont le PTB, allonge à 18 semaines le délai dans lequel une interruption volontaire de grossesse peut être pratiquée, dépénalise celle-ci et réduit le délai de réflexion à 48 heures.

Ce point fut l’un des nœuds à trancher dans la négociation en vue de constituer une coalition Vivaldi, en raison de l’opposition du CD&V. L’accord de gouvernement laisse la proposition au parlement mais prévoit la réalisation d’une étude sur la loi qui régit l’interruption volontaire de grossesse par un comité scientifique multidisciplinaire.

La révocation la semaine dernière du droit à l’avortement par la Cour suprême américaine relance le débat en Belgique.

Le groupe PS à la Chambre a appelé samedi, par la voix de son chef de groupe Ahmed Laaouej, à ériger un « rempart constitutionnel en Belgique pour le droit à l’IVG et protéger ainsi la liberté fondamentale des femmes de disposer de leur corps », au lendemain de la révocation de ce droit aux États-Unis. Dans la majorité, Open Vld et Groen se montrent favorables à l’idée.

Les socialistes vont proposer de réaliser un « rapport d’initiative » au parlement afin de pouvoir inscrire cette liberté fondamentale dans le titre deux. Pour ce faire, ils suggèrent des auditions.

« Plutôt que de faire diversion, Ahmed Laaouej et le PS feraient mieux de remettre la dépénalisation de l’avortement à l’ordre du jour », a vertement réagi Sophie Rohonyi (DéFI, opposition) dans La Libre.

Dans la majorité, le MR avance une autre approche et souhaite inscrire la liberté de disposer de son corps dans la Constitution, a fait savoir lundi son président Georges-Louis Bouchez.