Rencontre sous haute tension à la Maison Blanche sur le Groenland
Depuis son retour au pouvoir, le président américain évoque régulièrement la possibilité de prendre le contrôle de cette immense île arctique, stratégique mais peu peuplée. Le Danemark, membre de l’Otan, rejette les accusations américaines selon lesquelles il ne protégerait pas suffisamment le Groenland face à la Russie et à la Chine.
Depuis son retour au pouvoir il y a presque un an, le président américain n’a pas cessé d’évoquer la possibilité de prendre le contrôle du Groenland, une immense île arctique, stratégique mais peu peuplée.
Ses menaces se sont intensifiées suite à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro en janvier dernier.
Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a demandé un entretien avec le secrétaire d’État Marco Rubio. Cette réunion se tiendra finalement à la Maison Blanche, avec la participation du vice-président, JD Vance, qui avait exprimé des critiques sévères envers Copenhague lors d’une visite au Groenland au printemps dernier, où il n’avait pas été invité.
M. Løkke Rasmussen a exprimé l’espoir de clarifier « certains malentendus » durant cette rencontre, alors que le Danemark et le Groenland s’opposent fermement à toute idée de rattachement de l’île aux États-Unis.
Donald Trump a exacerbé leurs inquiétudes ces derniers jours en déclarant dimanche qu’il s’emparerait « d’une manière ou d’une autre » du territoire autonome danois.
Le milliardaire républicain soutient que les États-Unis ont besoin du Groenland pour contrer l’expansion de la Russie et de la Chine en Arctique.
« Crise géopolitique »
Selon Penny Naas, chercheuse au German Marshall Fund of the United States (GMFUS), un centre d’études sur les relations transatlantiques, la réunion pourrait être brève si les États-Unis insistent sur leur demande d’obtenir le Groenland à tout prix. Toutefois, elle estime que « s’il y a une légère nuance, cela pourrait mener à une conversation différente« .
La cheffe de la diplomatie groenlandaise, Vivian Motzfeldt, participera également aux discussions. Comme le Danemark, son pays a fermement contesté les projets de Donald Trump.
Le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a déclaré mardi à Copenhague : « Nous sommes confrontés à une crise géopolitique et si nous devons choisir entre les États-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark« .
Il a martelé : « Le Groenland n’appartiendra pas aux États-Unis. Le Groenland ne sera pas dirigé par les États-Unis. Le Groenland ne fera pas partie des États-Unis« .
Interrogé mardi au sujet de ces déclarations, Donald Trump a répondu : « Eh bien, c’est leur problème« . Il a ajouté : « Je ne sais rien (du Premier ministre groenlandais), mais ça va devenir un gros problème pour lui« .
Aux côtés de M. Nielsen à Copenhague, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a déclaré qu’il n’avait pas été facile de faire face à ce qu’elle a qualifié de « pression totalement inacceptable de la part de notre plus proche allié« .
Le Danemark, membre de l’Otan, rejette les accusations américaines selon lesquelles il ne protégerait pas suffisamment le Groenland contre la Russie et la Chine, soulignant avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros) pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique.
Peu après la rencontre à la Maison Blanche, une délégation du Congrès américain, en grande partie composée de démocrates mais également d’un républicain, se rendra à Copenhague pour manifester sa solidarité avec le Danemark.
Le sénateur démocrate Dick Durbin, membre de cette délégation, a déclaré : « Les menaces continues du président Trump envers le Groenland sont inutiles et ne font qu’affaiblir notre alliance au sein de l’Otan« .

