Record de faillites en Belgique en 2025 : explications.
En 2025, 11.697 entreprises ont fait faillite en Belgique, ce qui représente une augmentation de 5,90% par rapport à 2024. Dans le secteur des transports et de la logistique, 801 entreprises ont été mises en faillite en 2025, soit 15% de plus qu’en 2024, entraînant la perte de 3.252 emplois.
Comme chaque année à cette période, la société Graydon, spécialisée dans l’analyse de la santé économique et financière des entreprises, examine ses statistiques et les chiffres des faillites prononcées en Belgique. En 2025, 11.697 entreprises ont fait faillite, soit une augmentation de 5,90 % par rapport à 2024. Eric Van Den Broel, responsable de Graydon, qualifie cette hausse d’« importante ». Il s’agit aussi d’une année record depuis 2013.
La hausse des faillites est principalement observée en Flandre, avec une augmentation de 5,75 % par rapport à 2024, ainsi qu’à Bruxelles, où les faillites ont augmenté de 12,06 %. En revanche, en Wallonie, le nombre de faillites a diminué de 4,03 % par rapport à 2024, bien que 2.643 entreprises aient été déclarées en faillite dans le sud du pays.
Ce qui préoccupe également Eric Van Den Broel, c’est la faible croissance nette d’entreprises, qui représente la différence entre celles qui sont créées et celles qui cessent leurs activités, que ce soit à cause de faillites ou d’autres raisons. « On voit qu’on a une croissance (nette, ndlr) que de 18.000 entreprises, là où l’année passée, il y en avait un quart de plus et il y a cinq ans, la moitié de plus », constate-t-il. Il souligne que la création d’entreprises est essentielle pour relancer l’innovation et générer des emplois.
Concernant les pertes d’emplois, les faillites déclarées en Belgique en 2025 ont entraîné la perte de 26.778 emplois, contre 27.162 en 2024. Graydon indique qu’un plus grand nombre de petites entreprises est touché qu’auparavant.
### Pourquoi ces faillites ?
De manière générale, « on voit encore toujours des effets importants des chocs qu’on a connus jusqu’à présent, concrètement non seulement le Covid, mais aussi le choc énergétique », analyse Eric Van Den Broel, qui mentionne également les taux d’intérêt et le coût de la main-d’œuvre.
Il ajoute que ce sont surtout les jeunes entreprises, créées peu avant le premier choc lié au Covid, qui ont du mal à s’adapter aux turbulences économiques. « Elles ont toujours actuellement un problème de réserves », explique Eric Van Den Broel, en notant que les entreprises récemment créées prennent davantage en compte les chocs futurs.
### Des secteurs plus touchés que d’autres
Le secteur de la construction connaît la plus forte hausse des faillites. Pour la deuxième année consécutive, ce secteur bat des records : 2.710 faillites ont été prononcées, soit une hausse de 8,1 % par rapport à 2024, phénomène particulièrement marqué en Flandre et à Bruxelles. Eric Van Den Broel évoque « la hausse des prix des matériaux et des salaires », ainsi que le fait que de plus en plus d’individus ne peuvent plus payer leurs entrepreneurs à cause de l’augmentation des coûts.
Dans le secteur de la construction, le rythme des pertes d’emplois semble diminuer, ce qui reflète la tendance observée par Graydon selon laquelle des entreprises de plus en plus petites échouent.
Le secteur des transports et de la logistique est également en difficulté, avec 801 entreprises mises en faillite en 2025, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2024. Ce secteur a perdu 3.252 emplois. Graydon rapporte que tant les petites que les grandes entreprises sont affectées, en raison de la hausse des salaires et de la forte concurrence en provenance d’Europe de l’Est.
Le troisième secteur le plus touché par les faillites est celui des services aux entreprises. Eric Van Den Broel note une détérioration des chiffres dans ce domaine. 1.755 entreprises y ont fait faillite l’année dernière, entraînant près de 3.000 emplois perdus.
### Perspectives d’avenir
Pour 2026, Graydon ne prévoit pas d’amélioration de la situation. Eric Van Den Broel se dit « assez pessimiste à court terme », en raison d’un grand nombre de dossiers en instance dans les tribunaux. Cependant, il souligne qu’il y a des raisons d’être plus optimiste à long terme, évoquant les initiatives européennes visant à relancer l’économie, notamment le plan Readiness 2030, qui prévoit des investissements de plusieurs centaines de milliards d’euros. « 800 milliards, c’est un montant énorme. En comparaison, le plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale, recalculé en chiffres actuels, représentait 120 milliards », estime Eric Van Den Broel. Il mentionne également l’initiative « Bring science back to Europe » comme une source d’espoir.

