Qu’implique l’accord entre l’UE et le Mercosur ?
La Commission européenne a mis à jour l’article le 18 décembre 2025 concernant les manifestations des agriculteurs en marge du sommet de l’Union européenne. Selon la Commission européenne, un accord de libre-échange avec le Mercosur générerait 0,1% de croissance supplémentaire en Europe et 0,3% en Amérique latine.
Cet article a été mis à jour le 18 décembre 2025 dans le cadre des manifestations des agriculteurs en marge du sommet de l’Union européenne.
Depuis plus de 20 ans, l’Union européenne et les pays du Mercosur dialoguent pour intensifier leur collaboration. Le traité UE-Mercosur, destiné à faciliter les échanges commerciaux entre ces deux entités, sera un enjeu crucial lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement européens qui se tient jeudi à Bruxelles.
La Commission européenne espère toujours sa signature samedi au Brésil, mais la France et l’Italie freinent le processus. Par ailleurs, plusieurs milliers d’agriculteurs se mobilisent ce jeudi à Bruxelles pour exercer une pression.
Les discussions entre l’Europe et le Mercosur englobent plusieurs dimensions, notamment un aspect politique, un volet de coopération et un volet économique consistant en un accord de libre-échange. Après plusieurs années de pourparlers, la Commission européenne juge qu’il est temps de finaliser cet accord.
Dans ces discussions, c’est principalement le volet « libre-échange » qui suscite l’attention. L’accord est souvent résumé par l’idée de « viande sud-américaine contre voitures allemandes ». L’industrie, notamment allemande, pousse pour que cet accord se concrétise, tandis que de nombreux agriculteurs européens s’y opposent, préoccupés par les conséquences de l’importation de viande en provenance des pays du Mercosur.
Le Mercosur, ou marché commun du Sud, est une association de plusieurs pays d’Amérique Latine visant à établir une zone de libre circulation des biens et des services. Actuellement, cinq pays en sont membres : l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et la Bolivie, formant ensemble plus de 80 % du PIB sud-américain. Le Mercosur existe depuis 1991.
Les premières négociations entre l’Union européenne et les pays du Mercosur ont eu lieu à la fin du 20e siècle, peu avant 2000. Dans le cadre des discussions économiques, l’objectif est d’aboutir à un accord de libre-échange pour accroître les échanges de biens et de services. En l’absence de cet accord, les exportations européennes se heurtent à des barrières commerciales, parfois considérables, et vice versa pour les entreprises du Mercosur exportant vers l’Union européenne.
Les partisans de l’accord croient qu’enlevé les barrières commerciales entre l’UE et le Mercosur, la croissance pourrait être stimulée des deux côtés de l’Atlantique. Selon une analyse de la Commission européenne en 2020, un accord de libre-échange pourrait engendrer une croissance supplémentaire de 0,1 % en Europe et de 0,3 % en Amérique Latine. En 2019, l’UE et le Mercosur ont établi les bases de cet accord, laissant encore à définir les détails.
Le principal objectif de l’accord de libre-échange UE-Mercosur est de réduire les droits de douane au maximum. Chaque partenaire devrait, à terme, abroger plus de 90 % des droits de douane qu’il impose à l’autre. Par exemple, les voitures européennes exportées vers le Mercosur subissent un droit de douane de 35 %, tandis que les produits pharmaceutiques en ont un de 14 %. Les taux varient généralement entre 14 % et 35 % pour les biens industriels. Les droits de douane s’appliquent également aux produits agricoles européens, tels que 27 % pour les vins et 20 % pour le chocolat.
Une fois l’accord ratifié, ces barrières devraient être supprimées ou estimées. Pour certains produits, comme les fromages et les produits laitiers, des quotas plus larges seraient mis en place pour permettre des exportations sans taxes. À l’autre bout, l’Union européenne allégerait également les droits de douane sur les produits en provenance du Mercosur, principalement dans le secteur agricole. Des produits tels que le bœuf, la volaille, le sucre, le riz ou le miel pourraient inonder le marché européen à des taux préférentiels.
Cependant, l’accord inclurait des mécanismes de sauvegarde permettant à une partie de limiter temporairement les importations en cas d’impact économique sévère.
Les critiques de l’accord s’élèvent surtout du secteur agricole européen. Les agriculteurs craignent une concurrence accrue de la part d’opérateurs sud-américains qui ne respecteront pas les mêmes règles environnementales et sanitaires. Ils soulignent donc une concurrence jugée déloyale. Le président français Emmanuel Macron a exprimé la nécessité de « clauses miroirs » afin d’imposer aux producteurs du Mercosur les mêmes obligations qu’aux producteurs européens. Cette position est également celle du gouvernement wallon qui exige cette inclusion pour donner son accord.
Les écologistes s’opposent également à l’accord, estimant que l’intensification des échanges commerciaux entre l’Union européenne et le continent sud-américain contribuerait au réchauffement climatique en augmentant les émissions de gaz à effet de serre.

