Belgique

Qui donne encore ? Le Belge reste-t-il généreux malgré des incitants fiscaux ?

Depuis 2020, la philanthropie en Belgique se situe à un niveau plus élevé que pendant la décennie précédente, selon Anton Delbarre, économiste en chef et directeur de la recherche chez Itinera. Près de 8 Belges sur 10 sont convaincus que faire des dons pour de bonnes causes rend la société meilleure.

« Depuis 2020, la philanthropie en Belgique se situe à un niveau plus élevé que pendant la décennie précédente.«  explique Anton Delbarre, économiste en chef et directeur de la recherche chez Itinera. « En 2022, il y a eu un léger recul à cause de l’inflation. En 2025, nous voyons aussi une pression à la baisse liée à la réduction de la déduction fiscale pour les dons. Malgré cela, le soutien du public à la philanthropie reste plus fort et plus large qu’avant la crise du covid. Même dans les années difficiles, on ne revient pas à l’ancien niveau.« 

Qui est le plus généreux ?

Ce Baromètre, basé sur les données du SPF Economie et du SPF Finances et sur une enquête Ipsos réalisée fin 2025 sur 1000 Belges et Itinera, a mis en évidence un profil de donateur plus généreux que les autres. Si l’on doit résumer : il s’agit d’une femme de plus de 35 ans, néerlandophone et avec un niveau d’étude supérieur donc très qualifiée.

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« Ces graphiques ne disent rien sur le montant du don, ni sur le bénévolat qui ne rentre pas dans le cadre de cette enquête« , précise l’économiste Anton Delbarre.

Pour quelles causes les Belges sont les plus généreux ?

Le secteur qui récolte le plus de dons est la santé et la recherche médicale. Ensuite, l’action humanitaire et l’aide au développement, la lutte contre la pauvreté et la justice sociale.

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Des dons à quelle hauteur ?

Les résultats fournis par le Baromètre tiennent compte de l’inflation. Le montant moyen reste assez stable en 2025. Plus de 6 Belges sur 10 qui ont fait un don ont donné moins de 250 euros. Les dons intermédiaires, entre 250 et 499 euros, progressent. Alors que les dons élevés, à hauteur de 500 euros et plus, ont, eux, légèrement reculé.

Autre élément intéressant : la plupart des donateurs ont donné autant que l’année précédente. Avec des pics de dons plus élevés lors d’événements ou de catastrophes au cours de l’année. Des diminutions de dons s’expliquent par une détérioration de la situation financière personnelle.

L’impact des incitants fiscaux

La fiscalité concernant les dons a changé en 2025. L’avantage est passé de 45% à 30% de déductibilité pour un don fait à partir du 1er janvier 2025 et d’un montant de minimum 40 euros par année et par institution.

Suite à cela, aucune donnée officielle ne permet de tirer des conclusions pour l’instant mais si l’on se base sur les déclarations des donateurs l’année dernière, près d’un sur cinq donnerait moins qu’avant cette diminution de l’avantage fiscal. Et 73% des répondants affirment que cela n’influerait pas le montant de leur don. « Depuis 2020 (où la déduction avait atteint exceptionnellement 60% pour aider les institutions agréées face au covid), le comportement de dons reste solide même si le cadre fiscal est devenu moins favorable« , précise Anton Delbarre. « Le climat fiscal s’est un peu refroidi mais la volonté de donner semble, pour le moment, restée relativement forte. Ça ne veut pas dire que la fiscalité n’a pas d’importance. Mais qu’une baisse des avantages fiscaux ne provoque pas automatiquement une baisse de l’engagement.« 

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La philanthropie, pilier de la société

Près de 8 Belges sur 10 sont convaincus que faire des dons pour de bonnes causes rend la société meilleure. 35% estiment même cela essentiel. Et trois-quarts des répondants considèrent que c’est encore plus crucial de soutenir des associations au vu de la tournure des événements à travers le monde actuellement.

L’un des éléments qui ressort également de cette étude est le rôle des pouvoirs publics jugé insuffisant par 62% des répondants. Et 70% considèrent que les entreprises doivent aussi jouer un rôle dans la philanthropie.