Belgique

QR : un dôme de protection antimissile pour les villes belges ?

La Belgique investit dans un nouveau système de défense norvégien, baptisé Nasams, d’un coût de deux milliards et demi d’euros, pour protéger son espace aérien. Par ailleurs, elle a commandé 20 systèmes de défense aérienne rapprochée mobiles « Skyrangers » de fabrication allemande, dont la date de livraison est encore en discussion.


Quand il s’agit de la protection de l’espace aérien belge, on pense immédiatement aux avions de chasse, les F-16 et F-35. Deux de ces appareils sont toujours prêts à décoller, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour garantir la sécurité de l’espace aérien du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg). Cette opération est connue sous le nom de « Quick Reaction Alert » (QRA). La mission de ces avions consiste à intercepter, identifier et, si nécessaire, neutraliser un aéronef suspect. Il est toutefois précisé qu’il ne s’agit pas ici de missiles.

En tant que membre de l’Otan, la Belgique ne dispose pas d’une véritable protection de son espace aérien, mais elle peut compter sur le système de défense antimissile de l’Alliance atlantique. Ce dispositif est constitué de plusieurs installations situées dans divers pays membres : le radar de détection en Turquie, le centre de commandement en Allemagne, les systèmes d’interception en Pologne et en Roumanie, ainsi que des navires de guerre positionnés au large de l’Espagne, prêts à l’action.

Le système de défense antimissiles de l’Otan s’avère utile contre les missiles intercontinentaux, mais il n’offre pas une protection complète contre toutes les menaces. Pour une sécurité optimale, l’espace aérien doit être divisé en plusieurs couches, selon la nature de la menace. Cela inclut une très basse altitude pour les menaces de petits drones, une altitude moyenne pour les roquettes et missiles de portée intermédiaire, et une haute altitude pour les missiles balistiques à longue portée.

Consciente que son espace aérien reste vulnérable, la Belgique investit dans un nouveau système de défense norvégien, le Nasams. Ce système est décrit comme étant « modulaire, constitué de lanceurs et de capteurs mobiles, permettant un repositionnement rapide selon les besoins face à la menace », selon le service de presse de la Défense.

L’emplacement précis de ces équipements n’est pas encore déterminé, mais il est établi que la principale menace pour la Belgique provient de la mer. L’objectif est de protéger les ports d’Anvers et de Zeebruges, deux sites stratégiques. Un radar est prévu pour détecter toute menace dans un rayon de 100 kilomètres. Des systèmes de défense mobiles seront également intégrés. L’investissement total s’élève à deux milliards et demi d’euros, nécessitant une centaine de militaires pour assurer le fonctionnement et l’entretien de ce système.

De plus, la Belgique a commandé 20 systèmes de défense aérienne rapprochée mobiles « Skyrangers », d’origine allemande. Il s’agit d’une tourelle capable d’accueillir différents types d’armements. Actuellement, la date de livraison est encore en discussion avec le fabricant.

Enfin, une étude est en cours pour évaluer l’intérêt d’acquérir les systèmes « Patriot », d’origine américaine, ou les SAMP/T, conçus par la France et l’Italie, pour contrer les attaques à plus longue portée. Aucun achat de ce type ne devrait cependant être effectué avant 2029.

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