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QR : l’Arabie saoudite ne fait pas transiter son pétrole par la mer Rouge ?

Madame Chantal Houtman, à Watermael-Boitsfort, se demande pourquoi l’Arabie saoudite ne fait pas transiter son pétrole par la mer Rouge. L’Arabie saoudite a aménagé une voie alternative vers la mer Rouge grâce à un oléoduc Est-Ouest, le Petroline, qui relie Abqaïq au port de Yanbu.


Ce lundi, la question du jour provient de madame Chantal Houtman, résidente de Watermael-Boitsfort, qui s’interroge sur les raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite ne fait pas transiter son pétrole par la mer Rouge. Régis De Rath, notre responsable éditorial Monde, a apporté des éléments de réponse à cette question dans le Journal télévisé de 19h30.

L’Arabie saoudite ne dépend pas uniquement du détroit d’Ormuz pour exporter son pétrole. Ce royaume du Moyen-Orient a également développé, au fil des ans, une alternative vers la mer Rouge.

Bien qu’une grande partie de son pétrole brut soit effectivement exportée par le détroit d’Ormuz, l’Arabie saoudite a construit un oléoduc Est-Ouest, le Petroline, qui relie le vaste site pétrolier d’Abqaïq au port de Yanbu, situé sur la mer Rouge.

En théorie, cette infrastructure devrait permettre de transférer le pétrole saoudien par la mer Rouge, puis à travers le canal de Suez vers la Méditerranée.

Cet oléoduc a été spécifiquement conçu pour réduire la dépendance des exportations saoudiennes vis-à-vis du seul détroit d’Ormuz, un passage stratégique que l’Iran peut perturber ou bloquer à tout moment.

Le Petroline a une capacité théorique de transport de 7 millions de barils par jour, équivalente à ce que l’Arabie saoudite exporte par Ormuz.

Cependant, un obstacle notable demeure : le port de Yanbu présente des capacités limitées. Il ne pourrait pas accueillir, chaque jour, le nombre nécessaire de pétroliers pour charger cette quantité de pétrole.

Ainsi, bien que la mer Rouge puisse servir d’option secondaire en cas de crise, elle ne peut actuellement pas être la principale voie d’exportation pour le pétrole saoudien.

Pour qu’ils atteignent la haute mer, les pétroliers devaient également passer par un autre détroit stratégique : Bab el-Mandeb, à l’entrée sud de la mer Rouge.

Néanmoins, les Houthis, cette milice pro-iranienne contrôlant l’ouest du Yémen, menacent également de bloquer ce passage vital.

Depuis des années, les Houthis attaquent des navires commerciaux en mer Rouge, rendant la navigation particulièrement dangereuse et décourageant de nombreux armateurs.

Si Bab el-Mandeb était également bloqué, les navires, cargos et tankers ne pourraient plus emprunter le raccourci mer Rouge – canal de Suez – Méditerranée.

Ils seraient alors forcés de contourner l’Afrique, prolongeant le trajet de 10 à 15 jours supplémentaires, avec des conséquences considérables sur le commerce et l’énergie mondiaux.

De plus, un dernier facteur met en évidence la tension de la situation : à Djibouti, juste en face du Yémen, se trouvent des bases militaires américaines, françaises, espagnoles, italiennes, japonaises et même chinoises.

Cela souligne le risque d’une internationalisation du conflit si ces forces devaient intervenir pour sécuriser ou libérer ce détroit.

Cet article a été rédigé en réponse à une question posée directement à la rédaction de la RTBF. Vous aussi, faites entendre votre curiosité et posez-nous vos questions via le formulaire ci-dessous. Votre sujet pourrait inspirer notre prochain article « Questions-Réponses ».