PTB : le choix entre socialisme ou barbarie, sans compromis.
Le PTB ne mentionne pas les polémiques de Noël ni la limitation dans le temps des allocations de chômage dans ses vœux, car ces sujets ont tendance à diviser « la classe travailleuse ». Raoul Hedebouw souligne l’importance de la lutte contre l’impérialisme américain, qu’il considère comme « de loin la plus grande menace pour la paix et la sécurité dans le monde actuel ».
Une réponse au MR…
Les vœux du PTB se sont en grande partie glissés en écho à ceux du MR. Georges-Louis Bouchez avait évoqué un « combat civilisationnel« . Le MR cherche clairement à séduire un électorat plus populaire, privilégiant des controverses comme celle de la crèche de Noël, opposant « nos traditions » aux « élites bien-pensantes« . De plus, la promesse de revaloriser le travail est présentée comme une bataille culturelle, s’opposant aux inactifs, chômeurs et malades de longue durée, ainsi qu’à un État jugé trop dépensier. Ce discours s’inscrit dans une stratégie gagnante pour 2024, ayant permis de capter des voix à gauche, tant au PS qu’au PTB. Le président du MR a donc réitéré son message en vue de 2026.
… mais pas sur tous les sujets
En retour, le PTB évite ces thématiques. Il préfère ne pas aborder des sujets susceptibles de diviser ce qu’il désigne comme « la classe travailleuse« . Dans ses vœux, aucune référence à ces controverses de Noël, ni à la limitation dans le temps des allocations de chômage, qui ont pourtant pu séduire une partie de ses électeurs. Le PTB choisit de se concentrer sur des sujets fédérateurs : les retraites et le plafonnement de l’index. Dans le même temps, Raoul Hedebouw critique ce qu’il appelle les « taxes Bouchez« , notamment les augmentations d’accises et de TVA. Contrairement à Paul Magnette du PS, Raoul Hedebouw n’a pas affirmé qu’il ne reviendrait pas sur la limitation des allocations de chômage, mais il n’aborde pas ce sujet. Il est intéressant de noter qu’au sein de la gauche, la question du chômage semble un combat perdu, ou peu attractif électoralement.
Sus à l’impérialisme américain pour le PTB de Raoul Hedebouw
Le PTB aborde également l’actualité internationale, en mettant en avant le Venezuela. Ce dernier est soutenu depuis longtemps par le PTB, tout comme Cuba, face à l’impérialisme américain. Ce dernier est qualifié de « de loin la plus grande menace pour la paix et la sécurité dans le monde actuel« . La position anti-américaine, dite « campiste« , est donc réaffirmée. Raoul Hedebouw ne mentionne pas d’autres impérialismes, comme celui de la Russie, en tant que menaces. Cette perspective s’oppose totalement à celle du MR et le distingue des autres partis de gauche, Ecolo et le PS.
Il termine son discours par une citation de la révolutionnaire allemande Rosa Luxemburg : ce sera le socialisme ou la barbarie. J’ai donc consulté ce texte écrit par Rosa Luxemburg en 1915, après un an de guerre, alors qu’elle était emprisonnée. Elle y conclut ainsi : « Nous ne sommes pas perdus et nous vaincrons, pourvu que nous n’ayons pas désappris à apprendre. Et si jamais le guide actuel du prolétariat, la social-démocratie, ne savait plus apprendre, alors elle périrait pour faire place aux hommes qui soient à la hauteur d’un monde nouveau« . Un message fort pour le PTB.

