Proximus prévoit la suppression de 1200 postes d’ici 2030.
L’entreprise Proximus, détenue majoritairement par l’État belge, présente vendredi ses nouveaux plans stratégiques qui prévoient la suppression de 1.200 emplois d’ici 2030. Proximus emploie environ 13.000 personnes et l’effectif en Belgique devra être réduit de 15% dans les prochaines années.
L’entreprise, majoritairement détenue par l’État belge, a présenté vendredi ses nouveaux plans stratégiques. Ces derniers visent à « réinventer son mode de fonctionnement et à se concentrer sur l’efficacité grâce à la simplification et à l’IA (intelligence artificielle), afin de réduire la charge de travail ». Au cœur de cette stratégie, trois points principaux : les services aux clients, l’infrastructure (notamment la fibre et la 5G) et la simplification des processus.
L’objectif est d’intégrer l’intelligence artificielle dans divers processus. Par exemple, 20% des interventions des centres d’appel seront réalisées par un chatbot, sans intervention humaine.
Ces changements entraîneront également la suppression de 1.200 emplois d’ici 2030. Proximus précise que cela se fera « sans perturbation sociale ».
L’entreprise a l’intention de remplacer uniquement partiellement les personnes qui choisissent de quitter leur emploi de leur propre gré ou de prendre leur retraite. Selon les prévisions de Proximus, environ 800 employés (ETP) partiront à la retraite d’ici quatre ans. Proximus compte également sur un « turnover naturel » : d’ici 2030, l’entreprise s’attend à 1.000 départs volontaires. Sur l’ensemble de ces 1.800 postes, un tiers sera donc remplacé, soit environ 600 postes.
Selon Belga, ce sont principalement des personnes occupant des « fonctions non essentielles » qui ne seront pas remplacées. Les vendeurs et soudeurs, par exemple, ne sont pas concernés, car ces profils sont difficiles à trouver sur le marché.
Proximus emploie environ 13.000 personnes, selon son site web. L’opérateur télécom dévoile ce vendredi des plans stratégiques pour son marché domestique (division Domestic) et ses activités internationales (Global). En Belgique, elle souhaite devenir d’ici 2030 « un champion local de l’infrastructure numérique, soutenu par des marques de confiance qui séduisent toutes les générations et tous les secteurs », déclare le PDG Stijn Bijnens dans un communiqué.
Au total, l’effectif en Belgique devra être réduit de 15% dans les prochaines années. Cependant, des réductions supplémentaires pourraient se produire après cette date. Entre 2031 et 2035, environ 1.400 personnes prendront leur retraite, ce qui offrirait encore une marge à Proximus pour diminuer ses effectifs.
La ministre chargée des Entreprises publiques, Vanessa Matz (Les Engagés), a réagi vendredi en précisant que la stratégie révélée par Proximus « s’inscrit dans une transformation déjà engagée face à l’évolution des usages numériques, à une concurrence accrue et aux investissements majeurs dans la fibre et les réseaux mobiles ». Elle ajoute que le choix de ne pas remplacer les départs naturels date de plusieurs années.
Pour la branche internationale, qui a récemment subi une dépréciation de 275 millions d’euros, une voie a été tracée pour « renouer avec la croissance ».
Cependant, les actionnaires bénéficieront de dividendes réduits dans les années à venir. Pour l’exercice 2025, le dividende brut par action sera de 0,60 euro, mais pour l’exercice 2026, ce montant sera divisé par deux, atteignant 0,30 euro. Proximus prévoit par la suite une augmentation à 0,40 euro pour l’exercice 2027 et à 0,50 euro pour 2028.
Proximus a enregistré l’année dernière un chiffre d’affaires supérieur à 6,6 milliards d’euros, soit une augmentation de 1,2% par rapport à 2024. Le bénéfice net a chuté de 11% pour s’établir à 398 millions d’euros. « Nous avons terminé l’année en force, avec des résultats conformes à nos prévisions annuelles », déclare M. Bijnens.
Les actions de Proximus ont commencé la séance boursière dans le rouge ce vendredi matin, avec une baisse de 17%. Avant l’ouverture des marchés, l’entreprise a esquissé ses plans stratégiques, qui s’accompagnent non seulement d’une réduction de dividendes mais aussi d’une diminution d’effectifs, dont l’ampleur reste encore indéterminée.
À 10 heures, l’action perdait 21%. Elle s’échangeait à 6,56 euros, comparé à 8,31 euros à la clôture de la veille.

